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La recette du bonheur, par Chupenn 

Ce week-end à l’occasion de la traditionnelle séance de signature de tous les cahiers de CE2, je suis tombée sur une pépite :

Une rédaction, écrite par Chupenn seul (j’ai vérifié) dont le sujet était :  » Ecris la recette du bonheur ». Je crois que cette découverte a fait ma semaine. Et peut-être mon mois. Alors, je préviens mon lectorat, il s’agit d’un post 100% #monfilsestungenie, option prise de chou maternelle maxi.

Le style y est. La forme est pas mal du tout. Et puis, il y a le fond.  On y parle de joie, l’amitié, d’amour et de confiance et d’admiration. C’est un peu comme si, j’avais reçu un feed-back direct sur ce qu’il a retenu des valeurs transmises par ses parents. Un vrai cadeau. Et si c’est ça, on a pas tout raté, les gars.

Et puis il y a le contexte, le mien, le sien. La place de l’écriture dans ma vie, ce qu’elle a impliqué chez moi. Son contexte à lui, différent et pas toujours facile. Je n’en parle pas ici, mais Chupenn fait partie des enfants que l’école maltraite un peu – ça transparaît d’ailleurs dans son poème –

Alors voila, cette recette du bonheur a fait le mien. Tellement que je vais l’encadrer dans une jolie police d’écriture. Comme ça, je pourrai la lire tous les jours.

Sans plus attendre, voila la pépite – je vous ai fait grâce des fautes d’orthographe –

 

La recette du bonheur

 

Prendre de l’amitié,

Ajouter une pincée de coeur,

Remuer la graine d’amour,

300g d’admiration,

Touillez bien fort la joie,

Rajouter quelques blagues,

Ne pas oublier le confort

très important de l’école,

‘Faudrait penser à la passion,

Mettez une dose de confiance…

C’EST TROP BON!

 

La joie, la confiance et les blagues

 

La joie, la confiance, la passion, l’amour et l’admiration. Je crois que j’aurais utilisé les mêmes termes si j’avais dû écrire moi-même cette rédaction.

 

La joie surtout.

Le bonheur est une destination incertaine, mais tu peux emprunter chaque jour le chemin de la joie.

 

Cette phrase n’est qu’une approximation d’une merveilleuse phrase que j’ai oubliée, extraite de la biographie d’une vieille dame pleine de sagesse mais dont j’ai également oublié le nom et le parcours.

Danser sous la pluie, je n’y réussis pas tous les jours mais j’y pense chaque jour.

 

Je crois même que c’est aussi pour cela que Pacs-que-c’est-Lui est devenu Pacs-que-c’est-Lui.

Quand j’ai présenté Pacs-que-c’est-Lui à mon frère, à l’inévitable question « aloooors comment tu le trouves », mon frère m’a répondu : « joyeux ». Sur ce coup, j’ai trouvé ça un peu court. A la réflexion, je crois que c’était étonnamment juste et important.

 

Que la joie et les « blagues » soit les ingrédients phares de la recette du bonheur de Chupenn, me remplit… de joie, justement. Limite, je placerais là « quelques blagues » à Toto, pour fêter ça.

 

 

L’admiration et la confiance.

Je ne sais pas vraiment par quel miracle c’est arrivé, mais la fée de la confiance en moi s’est penchée sur mon berceau. J’ai compris tard à quel point c’était un cadeau rare et précieux, au contact de mes nombreuses copines qui n’ont pas eu cette chance. Quand je parle de miracle, c’est parce que j’ignore comment la mayonnaise a prise, mais je sais qui était la fée : indubitablement, mes parents et quelques uns de mes instits. Toujours est-il que « la confiance » en soi est juste derrière la joie, dans la hiérarchie de mes valeurs.

 

 

 

Touiller la joie au quotidien

Nos idéaux de bonheur coïncident. Cool. Sauf qu’entre l’idéal et la pratique, il y a un gap nommé « vie quotidienne » qui complique un tantinet la transmission de nos idéaux à notre progéniture.

Je ne suis pas sûre de « touiller assez fort la joie » au quotidien, ni d’ajouter suffisamment de cette « pincée de coeur » quand je fais cuire les petits pois carottes du mercredi midi. Quant à la « graine d’amour », avec deux boules Quiès profondément enfoncées dans les oreilles pour atténuer les hurlements d’un des trois, elle « remue » pas toujours dans le sens qu’on croit.

 

Quand on n’a pas encore 8 ans, où puiser ces idées?

 

Je crois déjà lui avoir dit qu’une journée où l’on n’a pas ri est une journée de perdue, mais le poids des mots n’est-il pas négligeable par rapport à l’expérience acquise en cours des 7 ans, 9 mois et 24 jours?

 

Ok, il voudrait être un Griffondor et surtout pas un Serpentard, mais quand même… A la lecture du poème, j’en déduis qu’on a pas tout raté. Je décide qu’on y est pour quelque chose. Que le message est passé, et que dans son « cahier d’écrivain », il a accusé réception.

 

 

Et puis, c’est écrit.

Comme une cerise sur le gâteau, ce précieux message, il arrive par écrit. Et cela lui donne une toute autre dimension. Parce que dans ma famille, on écrit.

 

Ecrire la recette du bonheur

On écrit sur soi, comme je le fais sur le blog, et comme l’a fait mon papa pour exorciser les épreuves du passé. Autant d’épreuves que de livres, pour lui. Un article par semaine pour donner du sens au quotidien pour moi. Ecrire la recette du bonheur, c’est notre thème unique et familial.

 

 

Faire de bonnes rédactions…

Et puis, la rédaction, chez nous, c’est la discipline-reine. Celle qui compte. Plus que les maths et la version latine. Savoir imaginer, savoir penser et l’écrire.

 

Je sais d’où me vient ce conditionnement : de l’effort d’une petite élève de 10ème qui venait de sauter une classe. Celle qui deviendra ma maman, et dont la plus grande peur était d’être « immature » au milieu de ses camarades. On n’est pas immature quand on écrit bien.

 

Moi aussi, j’étais celle dont la maîtresse lisait la rédaction, et celle qui gagnait les concours d’écriture au collège. La rédaction a largement contribué à faire de l’école un lieu agréable et valorisant pour moi.

 

Quand j’ai lu à haute voix la recette du bonheur, j’ai retrouvé chez Chupenn, la modestie un peu surfaite mais ravie qui était la mienne. Ça m’a fait plaisir.

 

L’école n’est pas toujours tendre avec Chupenn. Chupenn n’est pas de ceux qui voudraient écourter les vacances. Je découvre à travers Chupenn, l’aspect ultra-normatif de l’école, qui m’avait totalement échappé étant élève, probablement parce que cette norme, elle m’allait parfaitement bien.

 

 

Lire aussi le temps du CP, le temps des souvenirs

 

 

 

Mais cette année, je sens un frémissement. Cette maîtresse m’a l’air d’être de celles qui prennent en compte les forces de chacun malgré une classe pleine à craquer. Chupenn, prétend avoir donné à maîtresse l’idée du cahier d’écrivain. Celui sur lequel il est marqué qu’il ne faut pas corriger les fautes d’orthographe.

 

Quand il écrit dans sa recette du bonheur « [qu’il] ne [faut] pas oublier le confort très important de l’école », cela résonne particulièrement à mes oreilles.

 

 

*

*                            *

 

 

Alors voilà, c’était plein de sens et plein d’émotions pour moi de lire cette rédac’ de CE2.

Si ce cahier d’écrivain, en plus de contenir la plus belle recette de bonheur du monde, pouvait contribuer à son bonheur d’élève, je promets solennellement de rajouter une bonne « pincée de coeur » à chaque fois que je fais cuire les petits-pois carottes du mercredi.

Et puis sinon, ça nous fera toujours un joli cadre à afficher.

 

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31 comments on “La recette du bonheur, par Chupenn 

  1. 3 enfants en 3ans
    19 octobre 2018 a 8 h 31 min

    Il est beau cet enfant (oui, je me répète, mais j’assume)

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 11 min

      … Merci pour lui. Ça rassure un peu sa mère qui se trouve très groupie

  2. Dinette et Paillettes
    19 octobre 2018 a 10 h 22 min

    Une rédaction pleine de poésie… que l’on devrait lire et relire au quotidien… Je comprends ton envie de l’encadrer !

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 14 min

      Merci! Ça y est je l’ai mise en forme. Impression demain!

  3. Maman BCBG
    19 octobre 2018 a 10 h 38 min

    Oh. Je comprends ta joie de trouver un tel écrit 🙂 (Et l’idée de ce cahier est géniale !)
    Je n’ai jamais vraiment trouvé ma place à l’école mais j’ai gardé toutes mes rédactions et sujets d’inventions. Je me prenais des -7 pour l’orthographe, mais j’arrivais quand même à dépasser la moyenne et j’étais heureuse 🙂

    En tout cas, on sent un petit garçon heureux et pour qui ces mots commencent déjà à être concrets en lisant ce texte 🙂

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 16 min

      Pour l’orthographe, hé crois qu’on en a déjà parlé, je suis bien pareille! #teamenfanttropsage
      La cerise sur le gâteau, c’est que dans ce cahier, les adultes ne doivent pas corriger les fautes. Cette maîtresse est visionnaire.

  4. Louna
    19 octobre 2018 a 10 h 45 min

    Oh que c’est beau ! Cette rédaction, cette transmission, cette joie familiale partagée et ce petit garçon déjà bien mûr pour son âge : bravo à vous !

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 18 min

      En vrai, on n’y est pour rien, mais pour toutes les fois où l’on se flagelle parce qqchose coince, je boude pas mon plaisir!

  5. Madame Bobette
    19 octobre 2018 a 14 h 27 min

    C’est tellement adorable! Qu’est-ce que tu as du être touchée en lisant ces mots!

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 22 min

      J’étais carrément survoltée. C’est drôle car il y avait un tournoi de pétanque à l’école, et il était très déçu de sa performance. Il n’arrivait pas à croire que sa recette du bonheur nous paraisse plus extra que de gagner à la pétanque. #mesparentspfffff

  6. Léa
    19 octobre 2018 a 18 h 13 min

    Merci pour cette belle recette!

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 23 min

      Merci à toi d’être passée là!

  7. Emilie
    19 octobre 2018 a 21 h 04 min

    Mais quel bijou ce texte , cela fait 5 fois que je le lis il est magique.

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 24 min

      <3 c'est mon avis mais je suis pas objective

  8. Mam'Weena
    19 octobre 2018 a 21 h 53 min

    Mouh
    Je comprends ton plaisir à découvrir ce genre de perles, à l’occasion des vacances j’ai récupéré le cahier de FeuFolet, voir ses premiers écrits sur son prénom m’a remué le coeur

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 25 min

      Comme je te comprends! Je me souviens encore des premières lettres!

  9. Entrelescailloux
    20 octobre 2018 a 11 h 40 min

    J’adore je kiffe

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 26 min

      et moi donc!

  10. tobemummysite
    20 octobre 2018 a 14 h 49 min

    C’est très beau et surprenant venant d’un si jeune garçon! Ce magnifique écrit est un témoignage que les valeurs auxquelles tu tiens sont passées, quelle belle découverte! Et jolie idée que le cahier d’écrivain! On a tellement de 6è qui nous arrivent sans n’avoir jamais fait la moindre rédaction (véridique) que je suis rassurée de voir que dans certaines écoles, l’écrit est encore valorisé!

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 29 min

      Quel dommage de ne pas exercer l’imagination des enfants à l’écrit!!! Ça doit pourtant être bien plus productif de commencer à l’ élémentaire qu’au collège! Un autre détail est qu’il est interdit de corriger les fautes dans le cahier d’écrivain, ça ne facilite pas la lecture mais toute la place est donnée à l’imaginaire! Merci d’être passée là.

  11. Maman Nouille
    21 octobre 2018 a 15 h 10 min

    Roh, ta’s raison, il est dégoulinant d’amour maternelle ton billet. En même temps, il assure hein!
    Et ce nouveau design (oui ça n’a rien à voir mais fallait bien que je le dise quelque part)… j’aime spécialement le rappel des âges , peut-être parce que je me suis toujours dit qu’il faudrait que je le fasse un jour, parce que moi je me perd toujours dans le pseudo et les âges quand je lis beaucoup de blogs.

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 33 min

      Merci bcp pour ce retour sur le nouveau blog! C’est pas évident de se mettre dans la peau du lecteur.. ah « l’expérience utilisateur… »! J’ai vu en passant qu’il doit y avoir un plugin de wordpress pour les wp.com, je crois que c’est wpcountdown. Bon courage si tu te lance dans les travaux

      • Maman Nouille
        21 octobre 2018 a 20 h 04 min

        Merci du tuyau, comme ça je pourrai un jour connaitre l’âge de mes enfants sans avoir à calculer trois minutes à chaque fois ^^

  12. queenofthetribu
    21 octobre 2018 a 19 h 19 min

    C’est très beau, et tellement adorable ! Ca mérite grandement un article ciblé #monfilsestungenie lol, je pense que j’aurais fait pareil. Tu peux être fière 😉

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 19 h 35 min

      Je suis dingue de fierté, mais assez lucide pour le souvenir que j’y suis pas pour grand’ chose. Mais pas de mal à se faire du bien

  13. Die Franzoesin
    21 octobre 2018 a 20 h 26 min

    Je comprends ta fierté 🙂 . Et rien à voir, mais merci pour ce nouveau thème ! L’ancien ne s’affichait jamais correctement sur mon téléphone, ou mettait des plombes, comme ça c’est parfait 🙂 .

    • Johanna
      21 octobre 2018 a 21 h 22 min

      Merci! Ah bon tu avais des problèmes d’affichage… c’est le même thème mais bien dépoussiéré 😉 tant mieux s’il marche mieux!

  14. Camomille
    21 octobre 2018 a 23 h 11 min

    J’adore ! Et y a juste un truc que t’as oublié de préciser : si Chupenn peut écrire ça, c’est parce qu’il croit au bonheur. Et ça c’est grâce à vous. Donc un bravo à toute la famille

  15. Le Rire des Anges
    22 octobre 2018 a 6 h 30 min

    C’est épatant! Effectivement ça doit être terriblement émouvant de lire un texte comme celui-ci écrit par son propre bambin!
    Il va falloir diffuser cet imprimé, tout le monde cherche la recette du bonheur sans vraiment la trouver. Si vous l’avez autant la partager!

  16. lesdelicesdeframboise
    26 octobre 2018 a 6 h 03 min

    Je trouve ça tellement adorable ! Et puis qui sait, il a peut être trouvé la recette du bonheur 🙂

    • Johanna
      27 octobre 2018 a 8 h 49 min

      C’est tout ce qu’on veut, pas vrai? Qu’ils découvrent la recette du bonheur!

Un petit commentaire et je suis au paradis!