5 recettes pro adaptées à la sauce maman

Il y a plusieurs semaines, Charlotte du blog Entre les cailloux a publié un billet sur 3 choses utiles pour les parents qu’elle connaît dans le cadre de son métier .

J’ai aimé son billet (qui en plus est drôle, en plus). Et puis je me suis dit qu’avec mon métier tout sauf technique, je n’avais pas la matière pour écrire le pendant.

Je suis manager. J’encadre, je négocie, je tranche, je soutiens mais je ne produis pas. Mais, à bien y réfléchir, j’ai quand même quelques recettes à proposer aux parents.

 

 

Résister à l’urgence. Faire l’important.

« Il faut le faire en urgence, c’est important » : rien de plus faux. *

L’important est rarement urgent. Mais à bien y regarder l’urgence n’est pas toujours importante. Il faut trier les urgences afin qu’elles n’empêchent pas de faire l’important.

A la maison aussi j’essaie d’avoir en tête cette dichotomie entre l’urgent et l’important. Les enfants ont un sacré talent pour le tout, tout de suite. Pour faire passer leurs besoins avant les nôtres. Mais l’important, pour eux comme pour nous c’est un minimum d’harmonie, une mère qui ne pète pas trop les plombs à force d’être pressée comme un citron et du temps de qualité. Mon important doit passer avant leur envie du moment, c’est salutaire pour tout le monde. Et déculpabilisant, aussi.

 

Éviter les singes.

C’est celui qui connaît le problème qui trouvera la meilleure solution.

Le singe, c’est le dossier que tu te fais refiler alors que ce n’est pas ton boulot. C’est souvent valorisant de résoudre un problème sur lequel d’autres se sont cassé les dents mais c’est rarement une bonne solution. Le chef doit aider à construire des options, puis éventuellement trancher, mais seul, il risque juste de passer à côté du vrai enjeu.

Un jour, Chupenn ne voulait pas aller à l’école, j’avais activé le mode harcèlement scolaire, ce qui correspondait à mes projections ou mes peurs. Ça a été long de lui faire cracher le morceau. En définitive, il a proposé de se lever plus tôt… pour avoir le temps de jouer avant l’école!

 

 

 

Passer plus de temps avec ses alliés

Contrairement à une idée reçue, on a tendance à mettre plus d’énergie vers ses opposants que vers ses alliés. Les gens fiables, constructifs et moteurs reçoivent généralement moins de soutien de leurs chefs que les autres. Au risque d’envoyer le message : « si tu veux mon attention, emmerde-moi ».
Il y a toujours un enfant plus capricieux et l’autre plus conciliant. (Heureusement que les rôles s’échangent). Un qui sur-sollicite pendant que l’autre déploie des trésors d’autonomie. Et un qui fait des efforts et l’autre qui bousille l’ambiance. Ok, il faut répondre aux besoins du chi… Mais sans qu’il accapare toute l’attention. J’essaie toujours de passer un temps égal (voire superieur)avec celui qui est plus cool. En plus c’est plus agréable.

 

 

L’art du plan de table.

Dans une réunion qui promet d’être houleuse, se mettre à côté de ses opposants. On est naturellement plus concilliant avec celui qu’on a à côté de soi, et plus agressif vis à vis des personnes qu’on a en face de soi.
Dans un débriefe de caprice, je me mets à côté de mon enfant plutôt que de le regarder en face. Le message: je suis avec toi et pas contre toi, je veux t’aider passe beaucoup mieux, je trouve.

 

 

Écouter la colère.

Celui qui est en colère est atteint dans ses valeurs. Ne jamais dire « mais calme toi » à quelqu’un qui est en colère. L’écouter jusqu’au bout. Ce n’est pas agréable parce qu’on est mis en cause en tant que personne dans l’argumentaire de la personne en colère. Valeurs contre valeurs. Mais souvent la colère s’éteint d’avoir été entendue. La colère n’attend pas toujours une réponse mais elle attend toujours une oreille.

La difficulté avec les enfants c’est que la colère n’est pas toujours de ce genre-là. Mais en ayant ça en tête, je ne rate pas les « colères d’injustice » de Chupenn et Wendoï. Parfois, ça se dégonfle comme un ballon de baudruche, et c’est une belle victoire.

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32 comments on “5 recettes pro adaptées à la sauce maman

  1. Quatre enfants
    21 mars 2018 a 12 h 54 min

    Super intéressant ! Merci pour ces petites astuces. Bien sûr qu’un enfant, c’est pas un dossier à « gérer », mais je dois reconnaître qu’il y a parfois quelques similarité

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 22 h 51 min

      … ou alors disons qu’on est quand même un peu conditionnées par le boulot, à force…

  2. Le Rire des Anges
    21 mars 2018 a 13 h 34 min

    Alors je retiens vraiment Le conseils « passer du temps avec les meilleurs éléments » ne pas se laisser accaparer… Je crois que nous avons beaucoup à travailler sur ce sujet!
    Merci

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 22 h 52 min

      Contente que ça t’inspire… dans ce conseil, ce qui m’étonne le plus c’est que je n’avais vraiment pas conscience de négliger « ceux qui vont bien »…

      • Le Rire des Anges
        24 mars 2018 a 6 h 37 min

        C’est souvent le cas je pense, c’est là tout l’intérêt de ce conseil!

  3. chutmamanlit
    21 mars 2018 a 15 h 23 min

    J’aime beaucoup cette idée d’articles, je me demande si je peux la reprendre à ma sauce aussi ! En tout cas, dans ton article, j’aurais plus appris à manager qu’à prendre soin de mes enfants (j’en ai qu’un ça évite beaucoup de conflits :p), mais ça reste super utile 😀

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 22 h 53 min

      Super, je ne sais pas quel est ton métier mais j’ai hâte de le découvrir!

  4. Maman BCBG
    21 mars 2018 a 18 h 30 min

    Oh génial comme idée… et des bonnes pistes ! J’aime bien cette phrase « La colère n’attend pas toujours une réponse mais elle attend toujours une oreille. » il faudrait que je vois si ça peut marcher avec le côté RH…. (huhuhu sauf qu’on ne peut pas licencier un enfant 🙂 )

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 22 h 59 min

      Merci!Je suis sûre qu’il y a plein d’idées à trouver coté RH!
      Non, tu peux le licencier au tennis + foot + curling acrobatique mais tu ne gagneras que 2 heures par activité. Avec les trajets, ça vaut pas le coup!

    • Gwen
      8 juin 2018 a 22 h 44 min

      Ah mais à fond ! En tant que RH je peux témoigner que c’est un des trucs qui ont fait tilt quand j’ai découvert « l’écoute des sentiments » en mode Faber et Mazlish : d’un seul coup, j’ai relu plein de situations pro où je l’avais fait et … oui ça aide ENORMEMENT.
      Quand le cerveau (de l’enfant, du salarié, du manager) n’est pas occupé à contrer les contre-arguments qu’on lui présente, il trouve bien plus vite une certaine sérénité… et la capacité à envisager le problème sous un autre angle que celui de « je suis victime le monde est injuste », pas très constructif.
      Exemple manager au hasard, remplacer « mais tu sais très bien que la politique du groupe c’est que… donc c’est pas la peine de râler pour réclamer un effectif supplémentaire ! » par « ah oui tu es inquiet de toute cette charge de travail, tu trouves que c’est vraiment beaucoup, et tu ne sais pas comment faire pour atteindre l’objectif sans faire exploser l’équipe ».
      En général, on finit par se retrouver à lister des stratégies possibles sur un coin de table (en lieu et place du mail skud où le manager a mis la terre entière en copie – voire la lune – pour bien prévenir que si ça foirait, ce serait la faute de la RH)

      et je retiens l’idée du plan de table, merci !

  5. Claire
    21 mars 2018 a 18 h 30 min

    Je suis tout à fait d’accord avec tes 5 recettes. D’une manière générale, je pense qu’il n’y a pas tant de différence à s’occuper d’adulte que d’enfants 🙂

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 03 min

      Il y a quand même une différence essentielle c’est qu’en tant que parents notre seul but est de faire grandir les enfants, en entreprise, le premier but est de produire. On a beau mettre l’humain au centre, la finalité reste quand même terriblement productiviste.

      • Claire
        25 mars 2018 a 10 h 06 min

        Oui, effectivement tu as raison mais je suis persuadé que quand les gens sont bien dans leur poste, ils sont beaucoup plus productif Enfin j’idealise peut être. Et c’est vrai que le fait de ne plus travailler me permets de ne plus prendre de plein fouet toute ces petites choses qui me mettait tant en colère. Au final, je ne suis pas certaine d’être faite pour le monde du travail traditionnelle

  6. picou
    21 mars 2018 a 23 h 02 min

    Super idée! Je crois que moi aussi j’aurais quelques trucs transposables!

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 05 min

      tu m’étonnes! Un petit Gant pour le tunnel du soir, madame la chef de projet?!
      Hâte de te lire!

  7. mamansurlefil
    22 mars 2018 a 12 h 37 min

    J’aime beaucoup tes conseils. Simples, judicieux, faciles à mettre en oeuvre. La plupart, je tente déjà de les appliquer au quotidien mais je retiens celui du « à tes cotés » et « pas contre toi »… Je tenterais à la prochaine colère de mon fils…

    Bises
    Virginie

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 06 min

      Ces conseils, je les ai pour la plupart appris en formation… Quant à leur application, ben, c’est toujours dur de passer de la théorie à la pratique…

  8. 3 enfants en 3ans
    22 mars 2018 a 12 h 40 min

    En dehors de la première (je bosse dans l’événementiel, l’urgence fait partie de notre nourriture quotidienne), ce sont effectivement des recettes de mon quotidien… merci pour cet article

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 09 min

      Je ne savais pas dans quel domaine tu travailles! Tu dois avoir toi aussi plein de recettes, alors!

      • 3 enfants en 3ans
        24 mars 2018 a 11 h 51 min

        Honnêtement ? C’est comme avec la maternité : plus ça va, moins je pense connaitre de recette…
        Le paradoxe étant que je suis aussi enseignante dans mon domaine pro et donc donner des recettes fait théoriquement partie de mon job 😉

        • Johanna
          24 mars 2018 a 13 h 33 min

          Ce billet est depuis 4 mois dans mes brouillons!

          • 3 enfants en 3ans
            25 mars 2018 a 18 h 28 min

            C’est toujours plus avancé que le mien sur le sujet… je n’ai pas encore l’angle d’attaque pour le commencer 😉

  9. Entrelescailloux
    22 mars 2018 a 22 h 52 min

    Merci de me citer ça fait plaisir, et j’adore tes 5 recettes

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 09 min

      Merci!
      Tu vois je mets approximativement 3 mois à digérer tes articles 😉

  10. Virginie Neleditesapersonne
    22 mars 2018 a 23 h 38 min

    J’adore le concept ! Et je note de supers conseils comme la gestion de la colère – mais finalement que j’appliquerai plus dans le pro, « la colère c’est une atteinte des valeurs, la colère attend toujours une oreille  » => je n’avais jamais entendu ça formulé comme ça mais ce sont juste des phrases clés, à garder en mémoire aussi bien pour la gestion des enfants que celle des adultes, merci 🙂

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 11 min

      Contente que tu t’y retrouves! A quand tes conseils pro à toi!?

  11. Louna
    23 mars 2018 a 12 h 42 min

    Wouahou ! Quels précieux conseils ! Surtout le premier « l’urgent est rarement important et inversement » : rien que ça, ça va beaucoup me simplifier la vie, à la maison comme au boulot d’ailleurs ! 😉

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 12 min

      Ravie de lire ça! merci!

  12. Camomille
    23 mars 2018 a 15 h 43 min

    Super article avec plein d’idées à adapter à la maison comme au travail !

    • Au presque parfait
      23 mars 2018 a 23 h 12 min

      Merci!

  13. gr0soeil
    26 mars 2018 a 15 h 44 min

    Très bons tes conseils! Je n’avais jamais fait le rapprochement avec ma vie au travail et mes enfants mais c’est clair que le nombre de similitudes est conséquent ! bravo et je file lire chez les petits cailloux j’ai loupé son article

    • Johanna
      3 avril 2018 a 21 h 07 min

      Merci! Je crois qu’à pratiquer les deux activités à haute dose, travail et enfants nous conditionnent drôlement..

Un petit commentaire et je suis au paradis!