Bi-goût

Vous souvenez-vous des malabars bi-goût? Le chewing-gum le plus incontournable des cours de recrée des années 80? Eh bien, cette fin de semaine chez nous était bi-goût, un mélange de rose écœurant et de jaune qui pique.

Elle était  sans Pacs-que-c’est-Lui déjà, cette semaine, donc un petit peu plus intense. Il n’était qu’à quelques kilomètres de nous, réfugié à l’hôtel, dans sa bulle (malabar, bulle, humour…). L’écrit de l’agreg, se marie mal  avec la saveur bi-goût.

Coté sucré, j’ai eu une matinée de mercredi en apesanteur avec Wendoï. On a pris la poussette, mais pas la grande, hein, on a pris la poussette en jouet, avec la belle poupée, celle qui a des cheveux. Wendoï a accroché deux sacs aux poignets et nous sommes royalement allées jusqu’à Casino, avec son air sérieux en bandouillère et le sourire des passants. Première promenade en extérieur et à la verticale pour Wendoï qui avait néanmoins besoin de sentir la légère compression de mon écharpe passée autour de sa poitrine pour avancer. Je me suis trouvée un peu bête avec mon sac de courses quand elle n’a plus voulu faire le retour mais un gentil papi nous a raccompagné jusqu’à notre immeuble. Quand tout va bien, tout va bien.

Acide, Chupenn était malade. Chupenn étant un enfant mâle, il serait plus exact de dire qu’il était malaaaaade. Chupenn fait partie de la majorité mâle pas silencieuse du tout face à la maladie (j’ai ici une pensée pour sa future épouse). Contre toutes (mes) attentes, la première nuit, s’est bien passée. J’étais en pleine forme à 4h du mat, parce que je m’étais couchée tôt, anticipant l’apocalypse, mais lui, il roupillait. C’était un piège. Le lendemain, je me suis couchée tard et juste après, il m’a appelé toutes les demi-heures. Le sommeil fractionné, c’est pas mon truc. Impression à la fois de ne pas m’être rendormie ET d’avoir été réveillée. 7 ou 8 fois. La plaie. L’exaspération. Ne trouver aucune solution. Crier. Câliner. Menacer. Ignorer. Céder (mais à quoi?). Et avant de sombrer dans un sommeil réparateur à 4 heures passées, se faire réveiller une dernière fois par un « maman, je peux retourner dans mon lit? ». Grrrrr.

Sucré, j’ai dit aux enfants que la télé était cassée, ils ne m’ont pas cru mais ils n’ont pas insisté non plus et on a passé une super soirée toute calme. J’ai eu tous les câlins du monde. On a mangé des chips après le repas, en chantant Mayaaaaa.

Coté acide qui pique, il y a eu aussi un matin cata. Avec une belle panne d’oreiller. 7h17 quand j’ai posé le pied par-terre soit beaucoup trop tard pour espérer être à l’heure. Un de ces matins qui commencent par une immersion dans le panier à chaussettes seules parce que celles qui sont en couple sont partout sauf dans l’armoire (Ce matin-là, Chupenn est parti avec deux chaussettes d’un bleu différent, de toute façon il était trop out pour remarquer quoi que ce soit). Un matin où Wendoï traîne dans toutes les étapes matinales, du biberon à l’habillage tout son attirail de doudous et dont la perte d’un seul déclenche des cris très aigus. (très très aigus). Un matin où, elle qui ne veut jamais marcher, elle ne veut pas aller dans la poussette. Un matin où à 8h40 quand je démarre enfin la voiture après avoir posé mes deux enfants et mes six (oui oui, six) sacs au bon endroit, je me dis que j’ai fait le plus dur de ma journée.

Sucré, on a lancé du pain à des canards affamés et les enfants avaient les yeux qui brillaient.

Acide, la maîtresse à appelé parce que la fièvre était remontée, et j’étais à l’autre bout du département. Matériellement impossible de voler au secours de Chupenn.

Sucré, on a fait un grand bain. Un de ceux où on rajoute trois fois de l’eau chaude pour rester encore un peu. C’est dans le m2 de la baignoire que ces deux-là s’entendent le mieux pour jouer.

C’était une belle fin de semaine ou une dure fin de semaine, selon ce qu’on décide d’en retenir;

La semaine prochaine, je pars deux jours pour le boulot. Entre le manque causé par leur absence et le plaisir de n’avoir à penser qu’à moi, elle s’annonce bi-goût aussi.

chupenn et wendoi en bigout

 

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2 comments on “Bi-goût

  1. MumChérie
    1 février 2016 a 21 h 30 min

    C’est bien de voir le sucré au milieu de l’acide ! Ça s’équilibre un peu 😉

    • Johanna Lara
      10 février 2016 a 9 h 11 min

      c’est cà ;-))

Un petit commentaire et je suis au paradis!