Ces nuits sans sommeil

Ces nuits blanches.
Il faut les avoir connues pour savoir. Cette pesanteur qui suit les nuits sans sommeil. Quand le bébé nous réveille 10, 20 fois jusqu’à ce que la nuit ne soit plus qu’une succession de somnolences. Ces semaines sans sommeil.

Ces nuits où l’on dort tout habillé pour ne pas ajouter à la torture des levers celle de la morsure du froid.

Ces nuits de quart. Je dors jusqu’à 1 heure, tu dors après. Ces passages de relai à l’angle du 8ème débouchage de nez.

Du coup, on essaie tous les lits. A défaut de compter les moutons, on teste la transhumance. Nocturne.

Ça finit par réveiller aussi les grands, tous ces chambardements. Qu’à cela ne tienne, l’adulte de non-quart se recouche sans discuter dans le 90cm de son petit propriétaire. Quand on s’endort avant de toucher l’oreiller, on est peu regardant sur le confort. Quant aux principes…

Ces nuits blanches peuplées de rêves étranges. A un certain stade, on ne dort plus dans l’ordre. On rêve à peine endormi. Ils sont souvent effrayants, les rêves éveillés des nuits sans sommeil. Mais pourquoi je voulais renflouer le lac en coulant un avion dedans?

Ces petits jours embrumés.

Ces petits déjeuner de débrief. Pas très précis. C’était trois heures ou minuit? Tu l’a mouchée? Changée? Trois fois? Ou deux peut- être. C’était hier ou aujourd’hui? Et finalement t’as dormi?
L’impression de s’être réveillé sans avoir dormi. L’impression d’être « mieux qu’hier » en ayant moins dormi. Enfin je crois.

Ces jours où l’on tient malgré tout le choc. le corps humain est vraiment surprenant. Comment peut on faire avec si peu de sommeil au compteur? On fait pourtant, et même pas si mal. Avec même des éclats de lucidité qui me rappellent les résultats parfois inespérés des exam passés avec 40°c de fièvre.

Malgré la sonnerie cruelle du réveil, au meilleur moment de la nuit, je préfère travailler, ces jours- là. Prendre un peu le large. Vive les adultes.

Conter mes malheurs à mes collègues qui s’exclaffent de mes yeux de pandas mais qui m’apportent des cafés réconfortants. Et goûter toutes les sucreries qui traînent dans les tiroirs. Sucre + caféine, la recette des lendemains qui baillent.

Les collègues qui sourient à mes mots balbutiants, à mes syllabes manquantes. Chez moi, le manque de sommeil touche la fonction langagière.

La plupart de mes collègues sont des parents qui se souviennent des nuits sans sommeil. Ça me rappelle que ça passe, aussi, ces mauvaises passes.

Et les autres… Mention spéciale à ceux qui pensent que mes soucis du boulot viennent parasiter mes nuits.
Là, j’en suis au stade où je mettrais une baffe au premier qui me parle de ses insomnies.

Il y a aussi le jour d’après.
Où la nuit était presque correcte. Où le quotidien reprend des couleurs.

On a l’impression de reprendre les choses là où elles étaient avant.

Pas facile de trouver une photo pour illustrer ces nuits sans sommeil. Une photo blanche, peut être?

Bonne nuit à tous les parents. Courage, un jour ils dormiront.

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34 comments on “Ces nuits sans sommeil

  1. mamansurlefil
    13 mars 2018 a 9 h 06 min

    Je t’envoie tout le courage du monde, ce sont quand même des périodes compliquées à supporter… Mais oui, un jour, cela passe !

    Bises
    Virginie

    • Johanna
      13 mars 2018 a 22 h 49 min

      Merci Virginie, je prends. Avec l’âge, je résiste moins bien mais je patiente mieux… bises

  2. Alexe D.
    13 mars 2018 a 9 h 43 min