,

Alors tu me diras…

Chupenn aime bien savoir se qu’il va se passer. Demain, dans une semaine, pendant les vacances, à Noël… Mettant en défaut assez souvent le sens de l’anticipation parental (c’est pas très dur).

Ce soir, en guise d’histoire du soir, il a voulu que je lui raconte la matinée de demain.

 

Chupenn court

 

 

Demain, je viendrai te voir dans ton lit et je te dirai : « Chupenn, si tu veux accompagner Papa à l’ascenseur, il faut te lever. Sinon, Papa peut venir te faire un bisou avant de partir au travail »

 

[ou alors, tu me grogneras quelque chose d’incompréhensible accompagné d’une série de coup de pieds rageur.

Tu vas fondre en larme dès que je vais quitter la pièce.

Tu voudras pas te lever mais tu voudras pas rester au lit.

Tu voudras pas de ta mère mais tu voudras pas rester seul;

Bref, je saurai qu’on est sur un réveil groniton. C’est pas de ta faute, c’est celle de tes parents, en vertu l’adage bien connu de nous (et de nous seuls)  : « prénom Breton, réveils groniton ». Je précise que ce dicton est le résultat d’une étude approfondie réalisée sur un échantillon représentatif de deux personnes.

Bref, je saurai que je vais ramer pour les 60 prochaines minutes qui nous séparent de ton départ pour l’école.]

Mais le pire n’étant jamais certain, tu me diras sûrement :

« J’accompagne Papa à l’ascenseur »  et j’aurai juste le temps d’apercevoir un flash de la couleur de ton pyjama traverser l’appartement comme une balle

après, tu reviendras et tu diras :

« Je peux avoir un dessin animé? »

et je répondrai :

« tu sais que le matin, c’est un petit dessin animé;  »

[et je penserai en moi-même qu’il y a trois ans et demi, j’aurai pu dire : moi, parent, je ne laisserai pas mon enfant petit-déjeuner seul devant la télé un jour d’école… Moi, avant, j’avais des principes, moi, maintenant, j’ai des enfants (et accessoirement besoin de 10 minutes consécutives pour arriver au boulot avec une tête vaguement différente de celle d’un balai-brosse)].

et là tu me diras :

 » un grand dessin animé, transformé en petit ». Je considèrerai que cela vaut accord d’extinction immédiat de la télé dès que la minuterie programmée à 10 minutes (ou plus… si douche maternelle non réalisée à cette heure)

je dirai :

« d’accord, quel dessin animé tu veux? »

et là, tu me diras :

« déjà, trouve les dessins animés ». Avec ton air septique rapport à ma dextérité toute relative pour jonfler entre deux télécommandes et la demi douzaine d’objet clignotants reliés à la télé.

Après je te dirai qu’on doit se dépêcher pour pas être en retard. tu me demandera quelle heure il est et quelle que soit la réponse tu prendras un air catastrophé parce que « c’est beaucoup ».

Tu allumera la lumière du couloir et me rappelant qu’il n’y a pas si longtemps tu étais trop petit pour le faire. Et c’est vrai.

On croisera le monsieur qui s’occupe de l’immeuble et tu lui serrera la main comme un petit homme.

Tu pousseras tout seul les deux grosses portes extérieures, en faisant bien attention de ne pas toucher les vitres. Et je frémirai à l’idée que tu te coinces les doigts.

Tu tiendras pas la poussette en déclarant que maintenant tu es trop grand et que même Nana est d’accord pour que tu tiennes pas la poussette.

On empruntera le chemin de l’école à une vitesse variant de celle de l’escargot dépressif à celle du concorde. Dans tous les cas je te perdrai de vue à un moment où à un autre. Soit pour te motiver à avancer, soit pour pas secouer trop ta soeur en essayant de te suivre.

Sur le seuil de l classe, après un petit bisou et un gros câlin, tu me feras promettre de te faire coucou par la fenêtre.

Et là, je me dirai, « A ce soir, mon grand Moyen… »

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un petit commentaire et je suis au paradis!