Etre le parent préféré…

Devenir maman m’a appris un million de choses environ. 98% dans le bonheur 2% dans la douleur. Approximativement.

Parmi ces dernières, il y a en une qui continue de m’interloquer :

Les enfants ont un parent préféré.

J’aurai donné cher pour le savoir avant. Parce que, cette chose-là, je l’ai apprise à mes dépens.

4 ans et demi après je continue de ne pas y croire tant il me paraît injuste et improbable que les enfants (que mes enfants) aient un parent préféré.

Ce soir, Wendoï a refusé le moindre câlin de son père et n’a voulu que moi. Pacs-que-c’est-Lui a dit que c’était pas grave, mais je sais bien que c’est pas « pas grave ». Parce que j’ai longtemps été le parent dont le câlin console moins, celui qui lit la déception sur le visage du bébé qui attendait l’autre quand la porte de la nounou s’ouvre.

Intellectuellement, je comprends que Freud avait raison avec son foutu Surmoi, celui qui rend la vie sociale à la fois possible et compliquée. Ce surmoi qui me fait frémir à la seule idée de réfléchir une quelconque préférence pour l’un ou pour l’autre de mes deux enfants, ce Surmoi, mes enfants (tous les enfants) sont dépourvus. Ils affichent sans aucune retenue leur préférence. (Sérieusement, j’avais jusqu’alors toujours buté sur ce concept de Surmoi, comme quoi ceux qui prétendent qu’avoir des enfants est mauvais pour les neurones se trompent).

On a deux enfants. Chupenn préfère son père. Wendoï préfère sa mère. Point barre. Ça me révolte mais c’est comme ça. (le lecteur attentif aura remarqué que cette étude se base sur l’étude d’un échantillon vertigineux de 2 individus, soit 100% de mes enfants, ce qui, comme d’habitude m’apparaît comme hautement représentatif).

A la rigueur j’aurai pu admettre que dans les premiers temps le tout petit enfant préfère sa mère (moi, quoi…) en souvenir des 9 mois passés dans le même corps et de l’exclusivité des premiers temps. Mais mon premier enfant préfère son père.

La préférence de Chupenn m’a blessée, interrogée. J’ai cherché mille raisons, j’ai testé dix mille choses et rien n’y a fait. Chupenn préfère son père. Comme pour beaucoup de choses, Wendoï vient ré-équilibrer la balance. Wendoï fête mon retour à chaque séparation, que celle-ci ait duré deux heures ou une semaine. Quand je suis là, j’éclipse tous les autres adultes présents, y compris son père.

Sa préférence me convainc qu’il n’y a rien à chercher. C’est comme ça. Et ça va passer. Wendoï semble suivre le même chemin que son frère, sa connivence avec son « parent préféré » s’affirme de plus en plus. Pour Chupenn, elle a culminé autour de ses 2 ans. A quatre ans et demi, il lui arrive encore de me renvoyer d’où je viens « nan! pas toi! Je veux Papa », mais cela devient plus rare. Parfois même (merci Œdipe), cela s’inverse.

Je vais pas vous la faire à l’envers. Il est beaucoup plus facile, agréable et valorisant d’être le parent « préféré ». Les émotions que je ressens quand Wendoï tend les bras vers moi en criant de joie, je les ai vues dans les yeux de Pacs-que-c’est-Lui quand Chupenn lui faisait des démonstrations dont j’étais privée. Mais maintenant, je sais aussi comme on est désolé, sincèrement désolé pour l’autre.

Sales gosses.

la photo date de cet hiver, quand Wendoï faisait ses premiers bisous…

bisous de wendoi

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4 comments on “Etre le parent préféré…

  1. Ally
    21 septembre 2015 a 19 h 21 min

    Très beau billet, qui touche et qui pique un peu aussi… Tibreton vous remercie pour le message d’anniversaire et espère resouffler sa première bougie une troisième fois, avec vous cette fois :). Bises

  2. MumChérie
    22 septembre 2015 a 8 h 21 min

    Oui, ça pique un peu, et malheureusement il faut faire avec… des deux côtés. Chez nous, il y a aussi un parent préféré pour chacun, mais ça change aussi parfois en fonction des activités…

  3. Le Rire des Anges
    7 octobre 2015 a 20 h 15 min

    Ha ha!! Oui, c’est très juste, je me permets de rigoler de ton « sale gosse » parce que je suis « le paren préféré » pour le moment!
    Il vaut mieux que ça soit comme ça sinon je sais pas trop comment j’aurais réagit… Mais probablement très mal!
    Et je lis dans les yeux de Papa Fripouille qui veut lui lire une histoire avant de faire dodo mais Fripouille lui répond NON! Maman!, dans ces moments là, il a les boules grave! comme on dit!
    Merci pour ce billet

  4. Granger
    17 juin 2017 a 20 h 27 min

    Bah, moi je viens enfin d’admettre que oui, bien évidemment c’est son père, mon mari que notre fils préfère et depuis longtemps !
    Comment j’ai enfin ouvert les yeux alors qu’il a aujourd’hui 28 ans ?
    Parce qu’il a zappé la fête des mères sous prétexte que j’étais absente alors qu’il a fait le déplacement exprès pour venir faire un cadeau à son père également absent ce weekend. .
    Petite précision : le jour de la fête des mères, je n’étais pas là car je gardais le chien de ma fille, sa soeur qui était en train d’accoucher.
    Eh oui, me dis je pourquoi les liens familiaux ne seraient pas régis comme toute relation humaine par les affinités?

Un petit commentaire et je suis au paradis!