La fête des Lumières ou comment on est devenu lyonnais

Ce soir, malgré les microbes, l’heure du coucher (un peu) dépassée, et le brouillard givrant (autre spécialité lyonnaise hivernale), on a allumé nos photophores et illuminé les fenêtres donnant sur la rue. Les enfants se sont rhabillés par-dessus les pyjamas, et on a fait un mini-tour du quartier pour admirer les illuminations des voisins. Le 8 décembre est devenu une date importante pour nous qui ne connaissions rien de la fêtes des Lumières, il y a encore 8 ans.

 

Quand nous sommes arrivés à Lyon, la fêtes des Lumières, dans sa version spectaculaire, avec ses féériques éclairages des monuments et ses bains de foule bon enfant, nous a pris aux tripes. De 2008 à 2014, on n’a pas raté un millésime de la fête. Ni en 2010, à deux semaines d’accoucher ou en 2014 avec une Wendoï de six mois en bandoulière.

Bien-sûr le 8 décembre, on allumait vite fait quelques bougies mais nous étions avant tout, les touristes de notre propre ville. Petit à petit, la tradition nous a pris.

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Les enfants ont grandi.  A l’école, Chupenn baigne dès mi-novembre dans l’ambiance de la préparation de la fête des Lumières. Les maîtresses réclament des petits pots en verre. On se met aux crèmes vendus en pot. On voit arriver le photophore de l’année, toujours un peu plus soigné que celui de l’an dernier. A la sortie de l’école, des lampions fabriqués en classe sont en vente à la sortie de l’école.

D’année en année, notre collection s’étoffe. Certains pot sont des pièces de collection : « celui-là c’est ton premier, tu l’as fait chez nounou! » « celui-là, c’est celui des moyens, et le plus beau avec les paillettes, celui des grands. »

Le matin du 8 décembre, les enfants savent qu’aujourd’hui est un jour particulier. En vrai petit gône, Chupenn est désolé pour ses parents qui ne faisaient pas la fête des lampions quand ils étaient petits (bon, papa faisait le corso fleuri et maman ramassait le génépi)

L’année dernière, l’illumination des monuments a été annulé en raison des événements du 13 novembre, et la tradition des photophore a pris une dimension nouvelle pour nous. En 2015, les lyonnais privés de grands spectacles ont davantage décoré leurs fenêtres. Illuminer son balcon prenait pour l’occasion une signification presque militante.

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Cette année-là, les cars de touristes ne sont pas venus, on a admiré les lampions et on s’est senti lyonnais.

Depuis, la tradition des fragiles lampions aux fenêtres a au moins égalé l’époustouflante fiesta touristique et ça, c’est quand même le signe qu’on est en passe de devenir de vrais lyonnais. Bon, on ne met pas encore des « y » partout dans nos phrases, on dit pas encore feuuuuilles, ni gueuuuuule mais on a à cœur de faire découvrir à nos enfants toutes les raisons d’être fiers d’être nés ici.

PS : en vrai, on était que tous les 3, les enfants et moi, ce soir du 8 décembre. Pacs-que-c’est-Lui, après un conseil de classe assommant, a sauté dans un métro pour se shooter aux éclairages de la grande ville, un vin chaud dans une main, une gaufre dans l’autre. Je crains qu’il ne soit resté très marseillais. (Cela dit, il n’a même pas planté son blé de la Sainte Barbe).

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4 comments on “La fête des Lumières ou comment on est devenu lyonnais

  1. Maman-Tout-Terrain
    13 décembre 2016 a 2 h 23 min

    J’etais tres emue de lire ton article. Il resonne tres fort pour moi, car chez moi aussi, la tradition des illuminations est tres profondement ancree. En Chine, en Thailande, chaque 8 decembre, nous illuminons nos fenetres 🙂

    • Johanna
      14 décembre 2016 a 17 h 21 min

      Tu es lyonnaise ?

  2. Maman-Tout-Terrain
    15 décembre 2016 a 7 h 55 min

    J’ai ete Montbrisonnaise et la bas, on fete egalement le 8 decembre 🙂

    • Johanna
      3 janvier 2017 a 23 h 02 min

      ah bah oui! C’est la grande banlieue! On s’échappe de temps en temps à la campagne, là-bas, chez des copains!

Un petit commentaire et je suis au paradis!