La jalousie

Je ne suis pas la seule qui trouve que Wendoï a poussé d’un coup. Chupenn aussi ne considère plus sa sœur comme un bébé. En perdant son statut, elle a gagné une place particulière auprès de lui. Elle est parfois admise à jouer dans sa chambre, porte fermée. Et elle a même le droit de se déguiser en super-héros, c’est vous dire si elle est privilégiée. Chupenn l’admet dans ses jeux, il joue à cache-cache avec cette petite sœur qui adore le chercher (« il est où où oùùùùùù ? ») mais qui ne comprend pas la réciproque.

Une complicité nouvelle, donc, mais aussi une nouvelle venue, la jalousie.

On y avait échappé jusqu’alors. A la naissance de Wendoï, rien. Pas une once d’inquiétude, pas la moindre esquisse de mauvaise humeur. Les premières semaines, on s’est dit qu’il n’avait pas encore réalisé. Mais non, il n’était pas jaloux de ce bébé, peut-être parce qu’il n’en était plus un.

Maintenant qu’ils sont tous les deux enfants, c’est un peu différent…

 

« – C’est toujours elle qui…

– Tu dis toujours à Wendoï que c’est bien.

– Pfffff ! C’est toujours elle en premier. »

 

Le :

 « – Cépasjuuuuuuuuuste,

avec la lèvre qui tremble et l’œil humide.

 

Et le sempiternel

– Et moi ?

(oui, toi aussi tu marches vite, bois bien, sait reconnaître la couleur bleue, Chupenn).

 

Il veut un peu plus souvent qu’avant le même jeu qu’elle.

Certaines bousculades n’ont pas l’air complètement accidentelles.

 

Alors on fait attention à équilibrer les compliments, alors qu’ils ne poussent pas au même rythme.

On fait attention à gronder les deux quand une dispute éclate.

 

C’est pas évident, parce que si Wendoï a toujours eu un peu plus de mal que son frère à partager les câlins, elle n’est pas jalouse, elle. Elle est même très attentive à son frère. Elle réclame systématiquement un deuxième gâteau pour lui. Fourre tous les soirs ce poney bleu dans le lit de son frère, réplique un tout petit peu plus grande du sien qui est rose.

Faudrait pas qu’elle devienne trop parfaite, rien de plus agaçant qu’une petite sœur parfaite.

la jalousie

On sépare. On chronomètre. On négocie.

Et paradoxalement, on sert les dents pour ne pas intervenir tout le temps.

«-  débrouillez vous ! Je veux pas entendre de cris. Si je viens, c’est tous les deux punis ! ».

Surtout ne pas devenir l’éternel casque bleu de la maison.

On se surprend à dire les phrases qu’on a entendu quand on était petit.

On équilibre les « c’est à moi » et les « je l’avais avant ».

Les « elle veut pas jouer » et les « elle me laisse pas tranquille ».

Les « c’est ma chambre » et les « elle me laisse pas entrer »

 

Globalement, la balance reste positive, entre la complicité qu’il ont gagné et les disputes qui commencent à éclater. Nouvelle étape dans notre famille, il y a deux enfants qui s’adorent et se disputent et se chamaillent et se câlinent.

 

Bienvenue dans la vraie vie.

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One comment

  1. Le Rire des Anges
    17 mai 2016 a 11 h 47 min

    arf!! Il paraît que C est normal entre frères et sœurs… Si vous équilibrée bien vos réactions et comportements, ça va bien se passer! 😉

Un petit commentaire et je suis au paradis!