La séparation du matin…

On a beaucoup parlé de la rentrée de Chupenn, ici. CP oblige (vertige des parents éblouis par le premier-né). Mais pour Wendoï aussi cette rentrée était particulière : nouvelle maison, nouveau village, nouvelle nounou. Wendoï était très attachée à son ancienne nounou qui était aussi la première, l’unique.

Le matin, nous partons tous les trois sur le chemin de l’école, ce n’est pas encore la routine, mais ça va le devenir. Depuis le début de la semaine, Chupenn va à l’école le cœur léger (allélouiaaaaaaa), et c’est lui qui donne le ton de notre humeur matinale : il nous aspire dans son élan et on part d’un pas décidé. Chupenn disparaît dans la cour-de-l’élémentaire-interdite-aux-parents (bouhouououu) aussitôt que le portail est entrouvert. Dès qu’il disparaît, on se retrouve comme deux ronds de flan. Au moment de se séparer, Wendoï a le blues.

wendoï grande

Elle avance à petits pas vers le beau tilleul (j’ai vérifié, c’est un platane. Mais le tilleul a une dimension plus dramatique, je trouve) qui est le point de rendez-vous avec la nounou. A petit pas, mais elle y va quand même. Ses yeux se voilent un peu. Elle ne dit plus un mot, elle qui est si pipelette, et j’imagine que sa gorge est toute nouée. Mais pas une plainte. Pas une tentative pour retarder l’échéance.
Wendoï prend sur elle.

Sous le tilleul, elle veut un câlin. Elle serre très fort mon cou, et détourne le regard quand Nounou arrive.

Elle opine à toutes les propositions de Nounou qui détaille le programme de la matinée. Oui, pour jouer avec la vache, oui, pour prendre le-doudou-de-chez-nounou, oui, pour faire un loto. Mais elle regarde ses chaussures et serre très fort ma main.

Au moment de la séparation, elle laisse échapper quelques sanglots. Hier matin, la clarté de sa voix m’a frappée, quand, sur proposition de Nounou, elle a parfaitement articulé un « au-revoir Maman », dont chaque syllabe s’est profondément enfoncée au creux de mon estomac…

Le curieux attelage de deux gamins suspendus à une poussette-double à moitié remplie, tourne et s’éloigne. Wendoï regarde tout droit devant, sans me chercher des yeux. Et je ne vois que son profil, son petit menton relevé, toute pleine de courage, toute occupée à faire bonne figure. Son petit air courageux. Volontaire.

 

 

Lundi soir, à peine, Nounou avait-elle refermé la porte, que Wendoï a déclaré à son père venu la chercher :

– « é bien nounou »

On ne sait pas trop si cela signifie :

  • je suis bien chez Nounou
  • c’était bien chez Nounou
  • ou Nounou est bien,

mais ce dont on est sûr, c’est qu’elle exprime quelque chose de positif. Ça tombe bien, moi, cette nounou dynamique, adepte du plein-air et des sorties collectives, j’en suis fan depuis le premier regard (je vous racontais ça ici). La nounou, quant à elle est fan de Wendoï. Et nous, le soir, on retrouve notre petite fille toute joyeuse, comme d’habitude. Nul doute qu’elle est parfaitement bien, là-bas. Il ne lui manque que l’habitude, et le temps pour construire un lien fort avec cette nounou qu’elle n’a vu que 4 fois.

 

 

Ce petit air courageux, qui est la dernière image d’elle que j’emporte avec moi pour ma journée de travail, me fait fondre.

Prendre sur elle, faire des efforts silencieux pour s’adapter, ce n’est pas une dimension que je connaissais d’elle. Conformément à ce que je sais d’elle, il n’y a pas une once de résignation dans son attitude. Elle fait parce qu’elle l’a décidé. Là, je la reconnais. Mais pour la première fois de sa vie, elle a décidé de faire quelque chose qui (pour le moment) ne lui est pas très agréable.

ciao wendoi le moment de se separer copie

Ce petit air courageux, ou la nécessité comprise et acceptée de s’adapter au changement.

Ce petit air courageux, la promesse d’un plaisir différé, la preuve de la compréhension du temps qui passe;

Ce petit air courageux m’émeut presque plus que s’il y avait des hurlements et des pleurs spectaculaires.

Son petit air courageux me rappelle combien elle a grandi.

(la photo est flou, on est d’accord, mais rend assez fidèlement de son petit air courageux)…

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Vous aimerez peut-être

4 comments on “La séparation du matin…

  1. Audrey
    9 septembre 2016 a 9 h 38 min

    oh lala, il est émouvant cet article et mes yeux sont bien humide en laissant ce commentaire !

    • Johanna
      10 septembre 2016 a 18 h 12 min

      Merci ! Bonne rentrée à toi !

  2. MumChérie
    10 septembre 2016 a 8 h 31 min

    Du courage pour toutes les deux pour cette séparation ! Merci pour ce billet si émouvant et juste !

    • Johanna
      10 septembre 2016 a 18 h 12 min

      Merci ! On va y arriver !

Un petit commentaire et je suis au paradis!