le Câlin du soir (espoir)

Un lit à droite et un lit à gauche. Déposer un bisou de chaque coté, éteindre deux lampes et fermer la porte sur la journée de maman. Juste après commencera (enfin) la soirée des adultes. Mais lors du câlin du soir, c’est le moment d’être en forme… parce que parfois il se joue en 1/4 d’heure plus de choses que pendant les 13 heures précédentes.

 

Dans le lit de droite, je remplace diplomatiquement le livre plus grand qu’elle par le doudou. Un petit bras m’agrippe le cou. Gros câlin du soir. La barrière du lit me rentre dans le ventre mais c’est si bon. Je m’enivre de son odeur de vanille.

A gauche, on s’impatiente. A gauche, ça grogne.

Je desserre l’étreinte de Wendoï. Je chuchote que je reviens pour l’ultime bisou.

A gauche, ça bougonne, on veut pas aller à l’école demain.

Pourquoi?

L’école c’est trop dur, trop dur, trop dur. un point c’est tout. (et je devrais le savoir, il paraît)

Je suis très étonnée parce que tu es toujours en rouge sur le passeport du comportement (rouge = sage, vert = pas sage, paye ton échelle contre-intuitive) et je crois que c’est pas très dur pour toi d’être sage. Alors, c’est pas « tout » qui est dur à l’école. C’est quoi, qui est dur?

A droite, ça suce bruyamment sa tétine.

A gauche, c’est le travaiiiiiiiiil qui est dur.

Mais comment rendre le travail moins dur?

silence à gauche

Tu sais, Chupenn, c’est toi qui dois trouver l’idée pour rendre le travail moins dur, parce que moi, je sais pas, je connais pas le travail du CP. Mais après je vais t’aider de toutes mes forces, quand tu auras trouvé comment. (Ma boîte ne m’a pas payé des tonnes de formation en management pour que Chupenn me refile un Singe à 20 heures passées).

A gauche on accepte de réfléchir pendant l’ultime bisou à droite.

A droite on veut un « go li!!!! ». Un gros livre?

Non, pas de livre, c’est l’heure de dormir.

Non pas go li, gooo liiiiii

Un grand lit. Elle veut un grand lit.

On a eu cette conversation il y a au moins trois jours. Et il y a trois jours, un grand lit, ça lui faisait très peur. Comme essayer le pot, comme prononcer le prénom de son frère plutôt que son surnom. Ce grandir qui l’effraie parfois tant… Je pensais que cette conversation était oubliée. Et après tout, ça n’a aucune importance qu’elle garde encore son lit à barreau. Elle n’en a pas du tout reparlé… Mais l’idée a fait son chemin :

Un grand lit ? Comme Chupenn?

Hochements frénétiques de la tête.

Alors si tu es prête je vais chercher un grand lit pour toi !

Trémoussement de bonheur, petite fille toute rose. Dernier bisou.

A gauche on a trouvé une solution.

Il faut pas qu’elle {la maîtresse} dise les évaluations mais le travail.

Punaise, les é-va-lu-a-tions. Je savais même pas que c’était maintenant. Il est stressé par les évaluations… Ah mais c’est bien-sûr… Le vertige de comprendre ce qui coince. Mon petit commence à avoir des soucis de grand. Les évaluations.

Le réconfort fut long, partiel et poussif, mais avec Chupenn, on a convenu qu’il regarderait un cœur dessiné au bic vert sur son poignet (et contenant tous mes encouragements) à chaque fois que la maîtresse, ce bourreau d’enfant, prononcerait le mot « évaluation ».

Moyennant quoi, j’ai rejoins ma soirée d’adulte et mon amoureux au coin du feu…

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