Le dernier bébé

Perluette est mon dernier bébé, je le sais, je le sens. Autour de nous aussi, la quarantaine approchant, il y a de plus en plus de cette espèce bizarre de bébés, les petits derniers… 



Ces petits derniers, dont les premières fois sont aussi les dernières de leurs parents, on les élève un peu différemment.

 



Avec les petits derniers, le temps passe encore plus vite, (parce qu’ ?) on sait qu’il ne reviendra plus. Que les habits taille naissance ne sècheront sur ce fil à linge-là. 



Ça rend les moments compliqués moins angoissants. Les nuits blanches moins sombres. On se dit qu’on en bave mais qu’on en bave pour la dernière fois



Ca rends les beaux moments plus fugaces encore. Plus intenses encore. Plus précieux. 



On comprendrait presque #lesgens quand, malgré nos yeux de pandas, ils nous disent « rhoo profitez ».

 



Les petits derniers, sur le papier, on a moins de temps pour eux. Ils ne sont pas seuls, les petits derniers. Ils viennent compléter la fratrie. Il faut (se) partager. 



Mais les petits derniers, on sait être 100% là pour eux. Cette fois, on a compris qu’un échange de regards, c’est plus précieux que d’être à jour des lessives.  



Les petits derniers, ils sont un peu plus portés, ou un peu plus allaités, ou un peu plus gâtés ou un peu moins grondés. On atteint le niveau compet’ du voui-voui-cause-toujours-les-gens. Avec les petits derniers, on fait comme on l’entend. Pleinement. Ostensiblement.
 




Les petits derniers ont le faire-part tardif mais 200 fois plus de photos mentales de la part de leurs parents. On les regarde vraiment, nos petits derniers, depuis qu’on a plus besoin du regard des autres pour se sentir parents.
 




Les premières fois des aînés, c’était nos victoires de parents. La preuve qu’on avait été suffisamment bons pour passer au niveau suivant. 



Les premières fois des petits derniers, sont nos dernières premières fois de parents.

 Autant de petits deuils joyeux.

 




Avec nos aînés, on voulait savoir la suite. On avait hâte de tout. Avec nos petits derniers, on rêverait d’arrêter le temps.
 



Avec nos aînés, on pensait être cool. On l’était pas vraiment, il y avait tant à apprendre.
Avec nos derniers, on est trop cool. On s’en tape parce que c’est maintenant ou jamais.
 




Nous aînés nous ont bousculé dans nos certitudes.
Nos petits derniers vont peut-être un peu batailler pour qu’on les laisse pousser.
 



Les petits derniers profitent de toute notre expérience. La même que celle qui nous met des rides au coin des yeux.

 




C’est un privilège immense de serrer son dernier bébé. Je veux dire de savoir qu’on câline son dernier bébé. De refermer page après page le grand livre de la maternité. De faire tous ces petits deuils en conscience. En souriant, en soupirant, voire en écrasant une larme de nostalgie, de temps en temps.

C’est le signe que la vie nous a gâtés.  




J’aurais détesté regarder une grande gigue de 15 ans en réalisant un peu tard que c’était mon denier bébé.
 




Perluette est mon dernier bébé. je le sais, je le sens. Avec une pointe de regret. Et une touche de soulagement. Une immense gratitude quand je les vois tous les trois, là, comme je l’avais rêvé ou comme j’aurais pu le rêver…




Avec Perluette j’écris mon épilogue de jeune maman. Comme je le sais, mon credo de chaque jour est : « fais en sorte de n’avoir aucun regret ».

Alors, c’est sûr, je l’élève un peu différemment.

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