Allergie à la noix : l’école

Voici l’épisode 2 de notre saga sur l’allergie à la noix.

Si vous avez raté l’épisode 1, c’est pas grave et c’est par là

Après des vacances de noël très minoritairement consacrées à confirmer l’allergie à la noix noisette de Monsieur Chupenn (mais quand même), j’ai donc souhaité une bonne année à la maîtresse de Chupenn et je lui ai proposé pour fêter ça, qu’on se signe un petit PAI. Si vous ne connaissez pas le sens de « PAI », surtout continuez comme ça, c’est très bon signe, sinon, sachez qu’il s’agit d’un « plan d’accueil individualisé » dont la conséquence principale consiste, dans le cas d’une allergie alimentaire, à renoncer au confort de la cantine scolaire. En échange, on a le portable de la directrice et de l’infirmière, mais bon,c’est un faible lot de consolation.

A ma grande honte, j’ai longtemps (disons deux semaines) considéré cette histoire d’allergie par cette (terrifiante) conséquence : il allait falloir préparer tous les repas de Chupenn qui serait accueilli à la cantine sans pouvoir y manger autre chose que son plateau repas. Mais j’ai fini par googliser « allergie noix noisette », et les statistiques de décès d’enfants à l’école à la suite de chocs anaphylactiques et j’ai changé d’avis.

En décembre, alors que l’allergie n’était pas confirmée, on disséquait les menus de la cantine, on se débrouillait pour le récupérer quand on craignait la présence de noix au menu et on serrait les fesses en cette période de noël où les goûters se multiplient. Après confirmation de l’allergie et de son caractère dangereux, il n’était plus envisageable de prendre le risque.

Il s’est néanmoins écoulé 4 petites heures entre le coming-out du 4 janvier 8h30 et les coups de fils de la directrice, de l’infirmière et du directeur du périscolaire; C’est Pacs-que-c’est-Lui qui s’est coltiné tous les appels, moi j’étais en « mode-avion » (#moietmonsmartphone). Bref, les échanges se sont poursuivis par SMS jusqu’à 22h on décidait de passer dès le lendemain aux paniers-repas. L’infirmière m’a reçu le lendemain à 8 heures, m’a remis une liste de démarches longues comme le bras à faire d’ici au 25 janvier prochain date de signature du PAI (je ne sais pas si la presse a été prévenue mais à mon avis, c’est dans les tuyaux).

Rendons hommage :

à l’ensemble de l’équipe administrative qui à montré qu’elle prend les choses au sérieux même si le système éducatif a cette tendance à se muer en rouleau compresseur pour traiter les « cas particuliers ».

Au directeur du péri-scolaire qui aurait préféré que Chupenn mange un repas froid tous les jours pour lui éviter la peine d’avoir à mettre son panier-repas au frais.

à l’infirmière, qui dans sa grande mansuétude m’a proposé 3 dates différentes pour la signature de ce foutu PAI : respectivement 25 janvier 13h30 ou 25 janvier 15h ou 25 janvier 16h30, comme je veux (on était le 5 janvier).

à Pauline, la dame de la cantine qui m’a accueilli le premier jours par un tonitruant « ah c’est pas vrai, il manquait plus que ça, un panier-repas »

au service « Education » de notre bonne ville, qui a un arbre vocal pourri (JE N’AI PAS COMPRIS VOTRE REPONSE), a besoin d’une énième formulaire rempli par le médecin que je dois venir chercher entre 8h30 et 11h30 tous les jours sauf le mercredi. (« Nan, on travaille pas bien par mail… ») et qui m’a soutenu mordicus que non non la tarification ne changeait pas même avec un panier-repas, vu que ca donne quand même du travail à tous le monde ces panier-repas vous vous rendez pas compte (si si je crois que je me rend compte) ah, si, ma collègue me dit que c’est le tiers du tarif mais de toute façon ça dépend de votre quotient, alors… Hum.

Depuis chaque matin, je sonne à la cantine qui est heureusement à deux pas de l’école et je salue Pauline qui contre toute attente s’est elle aussi adaptée à la nouvelle donne (et puis comme elle a tout de suite eu le set et la cloche de Chupenn, c’est pas pareil, hein?) et je lui tend le panier-repas de Chupenn. Pauline est très à cheval sur le fait que tous les plats doivent être dans un sac plastique différent. D’ailleurs, elle les trouve un peu grands, mes sacs plastiques. Et le pain, dans un papier alu. Et le tout avec un pain de glace mais elle m’a accordé un délai jusqu’aux beaux jours. Certains matins, Pauline me fait remarquer que je suis à la bourre (c’est pas faux).

Et Chupenn dans tout ça?

Il réagit plutôt bien. Il n’a pas bronché pendant sa prise de sang. Lui qui oublie toujours son cartable, il vérifie que je n’ai pas oublié son panier-repas. Il n’a pas l’air de se plaindre de son régime d’exception, il a même fait des jaloux avec son set de table différent. Bref, fidèle à lui-même il réagit avec sérieux à la situation. Il ne raconte ni plus ni moins qu’avant ce qu’il se passe à la cantine. Et dans la vie courante, il a déjà bien compris quelles sont les catégories d’aliments qui sont susceptibles de contenir des fruits à coque. Comme toujours ses parents sont plus inquiets que lui; A la maison, on a entrepris de ne plus parler de cette histoire, qui a occupé beaucoup de place ces derniers temps. Et puis on a encore l’étape du 25 où Chupenn sera face au médécin scolaire, à la maîtresse et à la directrice pour la mise en place du PAI. En attendant, quand il n’aime pas un truc, Chupenn a bien compris que « ca me pique! ca me pique! » est une excellent moyen d’y échapper.

Cet article est déjà bien long, alors je vous raconterai la prochaine fois comment et pourquoi, histoire d’ajouter une contrainte à la contrainte, on a décidé de faire chaque jour le même menu que celui de la cantine…

La suite est

Chupenn manege

 

 

 

 

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One comment

  1. Audrey
    14 janvier 2016 a 10 h 13 min

    Oh lala quelle galère ! ça vaut le coup de vite essayer la kinésiologie… on ne sait jamais…?!

Un petit commentaire et je suis au paradis!