la cheffe

 

 

Hier, alors qu’on dînait tous les quatre, Chupenn, cet enfant dont on n’a pas complètement raté l’éducation, a demandé à sortir de table.

C’est Wendoï qui lui a répondu que « oui, tu peux sortir de table. »

Nous, on a mis quelques secondes à réaliser qu’on venait de se faire voler une prérogative purement parentale par notre benjamine.

 

Des anecdotes comme ça, j’en ai à la pelle, et la nounou m’en raconte une par soir.

 

J’envisage de louer ma fille pour un séminaire sur le leadership.

 

Elle porte la culotte (et elle claque sa langue)

 

Sans blague, depuis qu’elle porte des culottes, elle porte aussi la culotte dans la famille, chez la nounou et dans sa fratrie.

Wendoï a acquis la propreté instantanément, jour et nuit compris. Cela dit son frère avait fait exactement la même chose en étant 9 mois plus jeune, la différence essentielle résidant en fait dans la motivation maternelle : j’ai arrêté de mettre des couches à Wendoï le jour où je suis tombée en panne de couche.

Genre : oh le carton « de réserve » sous la table à langer est …vide!

C’était un bel acte manqué, c’était le bon moment…

 

Avec l’acquisition de la proprété, elle nous a épaté. Elle s’est épatée elle-même et elle en a retiré un surplus de confiance en elle qui frise l’insolence.

Et, au passage, elle a chopé un tic : quand elle est contente d’elle, elle claque la langue 

 

Elle passe donc ses journées :

  • à claquer la langue
  • à jacasser et à occuper tout l’espace sonore. (pensée pour sa future instit).
  • à distiller ses crises d’autorité avec une savante parcimonie, si bien qu’on la trouve pas assez insupportable pour la recadrer définitivement, et qu’on obtempère quand elle a décidé que c’est Papa et pas Maman qui aura cette fois le privilège de la lever / de l’habiller / de s’essuyer (Ma fille, re-incarnation de Louis XIV).
  • à claquer de la langue.

 

 

Emballé, c’est pesé

 

Dimanche, elle s’est imposée à une fête de famille qui se passait dans le jardin commun du lotissement. On avait discuté qu’ une seule fois avec ce jeune couple du voisinage, mais Wendoï a reconnu la voix de la petite fille et s’est jointe à toute la famille. Parce qu’outre les parents de la petite fille en question, il y avait les grands-parents, les oncles et tantes et une tripoté de cousins.

Depuis le banc où la grand-mère était ravie que je lui tienne compagnie (vu le nombre de fois où j’ai répété mon prénom, celui de Wendoï, son age, le terme de ma grossesse et notre date d’arrivée dans le lotissement, je penche pour un Alzeimer débutant…), j’ai assisté à du grand Wendoï:

Elle a d’abord mis tous les enfants au pli. Envoyé tous le monde chercher des ballons. Défini les règles du jeu qu’elle s’est empressée de fouler au pied, sans que son autorité ne soit remise en cause par quiconque.

 

Puis a décidé qu’elle ne jouerait finalement qu’avec la grande de 6 ans qui porte le même prénom qu’elle.

 

Elle a charmé le grand-père avec force mimiques, si bien qu’au bout de 10 minutes, il l’appelait « ma petite Wendoïette ».

 

et pour faire bonne mesure, revenait ostensiblement toutes les 5 minutes faire un câlin à mon gros ventre en scandant : « ma petite soeur… »  Très efficace sur les adultes.

 

Au bout d’une heure, on aurait cru qu’elle faisait partie de la famille.

 

 

(l’honnêteté me pousse à vous dire qu’elle a montré sa culotte fièrement à tout le monde)(mais bon, puisque c’est la famille…)

 

Claquement de langue.

 

 

Bonne idée

 

Elle a une formule magique pour tout ça : le « Bonne idée ».

Dès qu’elle veut un truc, elle le propose précédé de « Bonne idée ».

 

« Bonne idée, maman, on a qu’à manger des bonbons »

« Bonne idée, Chupenn, on va jouer à la poupée »

« Bonne idée, Papa, on va à la piscine »

 

Susciter l’enthousiasme, laisser planer le doute sur le fait que l’idée est peut-être celle de l’autre, flatter un peu, féliciter aussi… une cheffe, quoi.

Je me souviens d’un sketch où, pour faire passer une idée à son chef, il fallait commencer par lui dire :

« j’ai rebondi sur ton idée de la dernière fois, et j’ai pensé… »

Bon, ben on n’est pas loin du « Bonne idée, chef… ». Comme quoi, le leadership ça doit vraiment être un truc inné.

 

 

 

Reste la question essentielle : comment on se fait pas trop marcher sur les pieds par une gosse de 3 ans quand on est sa mère?

Ce week-end je me suis entendu lui dire :

« maintenant tu te tais et tu fais ce que je te dis ».

(ça s’appelle du management directif ou je m’y connais pas 😉

Claquement de langue.

 

Edit : Cela dit, je préfère 1000 fois çà à une enfant qui n’a pas confiance en elle. Et si elle écrase un peu son frère (elle m’a demandé plusieurs fois si 3ans, c’est VRAIMENT plus grand que 6 ans, l’age de son frère), il n’est pas non plus en déficit de tempérament. Lui, il chantonne :

« Wendoïette, la paupiette, elle croit qu’c’est elle la cheffe »…

 

 

Et vous vos enfants, est-ce qu’ils brillent aussi par excès de confiance?

 

Edit2 : je re-publie aujourd’hui cet article de jeudi car suite à un gros crash chez mon hébergeur, il a disparu! C’est aussi pour cette raison que le blog était inacessible jeudi et vendredi! Je suis désolée d’avoir perdu vos gentils commentaires, en particulier ceux auxquels je n’avais pas encore répondu!

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Vous aimerez peut-être

One comment

  1. Sandra
    2 juillet 2017 a 13 h 28 min

    Eh ben dis donc ma mère si stricte aurait eu une crise cardiaque en lisant ton article !!!! Je pense aussi que c’est toujours mieux d’avoir confiance surtout pour une fille ça peut être tellement fragile …

    Ma fille n’a que 3 mois, alors il est trop pour me faire une idée, mais chez nous à La Réunion nous ne laissons pas beaucoup de place à l’expression surtout à cet âge. C’est toujours l’autorité parentale qui prime et ce jusqu’à la fin …

    Ton article m’a bien amusé en ce dimanche après-midi tout gris

Un petit commentaire et je suis au paradis!