working-mum et mum-to-be : le paradoxe du congé mat…

Ça y est, je suis en congé mat.

Il y a dix jours, je faisais encore mes  quasi 10 heures par jour au boulot, mes presque 40 kilomètres dans les bouchons lyonnais. J’ai mis l’alarme tous les soirs parce que j’étais toujours la dernière à partir. Et tous les soirs je me disais que demain, j’allais lever le pied.

C’était il y a dix jours mais ce temps-là me parait à la fois très lointain et très improbable, vu mon rythme actuel de larve neurasthénique..

working-mum + mum-to-be… Paradoxes. Délicate équation entre vie pro et vie perso : jusqu’au dernier jour et malgré moi j’étais à fond dans mon boulot. Boulot qui me paraît déjà si loin, après seulement 10 jours d’une pause qui se comptera en mois. N’empêche que c’est depuis 10 jours seulement que j’investis totalement cette troisième (et dernière grossesse).

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Ça y est, je suis en congé mat.

 

Je l’ai attendu celui-là. Je l’ai même réclamé en vain à mon gynéco hilare et inflexible. Il faut dire que j’étais moi-même pas convaincue de ma légitimité à être arrêtée tant cette grossesse est d’une simplicité biblique sur le plan médical.

 

Mais après 7 ou 8 mois à lutter contre la fatigue, autre découverte de cette 3ème grossesse, quel bonheur de se vautrer dans le luxe de s’allonger dès qu’on en a besoin!

Quel bonheur d’investir enfin à 100% cette grossesse pour les mois qui restent à passer dans le même corps, toi et moi.

 

Une sieste le matin, une autre l’après-midi. Entre 10 et 12 heures de sommeil par nuit. Je n’en finis pas de récupérer, je me demande même si j’arriverai à écluser cette fatigue.

 

Entre deux siestes, je fais des montécaos. Une fournée par jour. En toute modestie, je suis proche de la perfection. 11 minutes de cuisson.

Je me balade sur le petit chemin en caillebotis qui sillonne la forêt à deux pas de chez moi.

Ma grande affaire du jour consiste à vider le lave-vaisselle ou à faire tourner une machine. Même le blog tourne au ralenti.

 

 

J’arrivais pas à décrocher  vs. j’ai décroché ultra vite du boulot…

Il n’y a que l’agence de voyage qui continue de considérer qu’il faut absolument que je valide tous les billets de train pris par mon équipe. Pour le reste, tout était quasiment prêt. Je m’attendais tellement à être assignée à canapé plus tôt…Le besoin de stopper ce rythme de dingue était tel que la culpabilité de déserter le navire n’a pas pesé lourd.

 

 

Finalement, cette histoire de congé mat reprend bien mes fondamentaux de l’équilibre vie pro/ vie perso :

Chez moi, et en particulier depuis mon passage à 80% (qui revient à faire en 4 jours ce que l’on faisait en 5, on est bien d’accord…) mes deux vies sont presque hermétiquement séparées. Chacune est compartimentée dans un lieu et un temps donné. Je suis successivement deux personnes au cours de la journée.

 

Je cultive ce compartimentage : c’est à ce prix que je travaille jamais le mercredi ni le week-end, ce qui implique de ne jamais consulter ses mails ces jours-là, ce qui implique d’avoir deux téléphones, deux ordi. J’ai pas de photo de mes enfants sur mon téléphone pro, (juste des photos de ma voiture sur tous les parkings des environs, sinon je la retrouve jamais). J’ai même pas le numéro de la nounou sur mon téléphone pro. Et personne du boulot n’a mon numéro perso.

 

C’est à cette condition de stricte séparation que je tiens le rythme, que je limite la surcharge cognitive. et que, la plupart du temps je suis pas trop mauvaise ni dans l’un ni dans l’autre…

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Par conséquent, j’étais pas enceinte au boulot, j’étais comme d’habitude… Avec tout le stress mais aussi toutes les satisfactions que mon boulot m’apporte au quotidien (je mesure ma chance). Et puis, au boulot, on doit être fort, performant, efficace, « tough », (« tough » comme le bruit du gant de boxe sur le punching ball). Alors, je l’étais, sans arrière-pensées.

 

C’est dans mon autre vie, celle de 7:00- 8:30, 19:00-22:00 que la grossesse pesait trop lourd, ou que je souffrais de ne pas lui accorder assez de place. Que j’attendais impatiemment le droit de me consacrer à 100% à ce « projet »-bébé. Et que j’échafaudais (en vain) des plans foireux pour apitoyer mon gynéco sur mon sort.

 

Que je criais un peu trop sur les enfants. Que je me couchais beaucoup trop tôt pour avoir du temps à deux. Bref, c’est dans la vie perso que les coutures craquaient…

 

Alors,avant le débarquement de n°3, avant le grand re-battage des cartes de la famille, je cultive le vide.

Lire 250 fois le même Popi avec Wendoï,

Récupèrer Chupenn une fois de temps en temps plus tôt,

et profiter de la douceur des soirées dans le jardin avec Pacs-que-c’est-Lui.

(et faire de montecaos – je vous ai dis que je suis trop forte en montecaos?).

 

 

Je suis complètement incapable de me projeter sur l’organisation des vacances, et même de penser encore aux préparatifs. Je vis le temps suspendu…

 

et puis, au troisième bébé, on peut pas faire comme si on savait pas ce qui nous attend APRES…

 

 

Bon courage à ceux qui bossent, qui calculent, qui planifient, qui sont en retard et qui zappent des trucs importants… Je pense à vous (si, si…).

P.S : si le blog tourne au ralenti, comme moi, je suis un peu plus présente sur Instagram en ce moment, si le coeur vous en dit…

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16 comments on “working-mum et mum-to-be : le paradoxe du congé mat…

  1. MumChérie
    13 juin 2017 a 10 h 03 min

    Tu as bien raison d’en profiter. Cultiver le vide, quelle belle expression !