le tunnel du matin

Dans la série, il faut que je me détende, je vous présente : le tunnel du matin.

Sauf exception, c’est moi qui m’occupe intégralement des enfants le matin. Lever – petit-déj – habillage  – lavage de dents (ou pas) – débarbouillage – chaussurisation – départ de la maison – livraison avant 8:30 de l’ensemble de la cargaison de moins de 7 ans dans un état sanitaire à peu près compatible avec la vie en société.

C’est pas mon moment préféré. (#artdelalittote)

C’est le moment préféré de personne dans cette famille où personne n’est du matin. (Sauf les enfants, mais exclusivement le samedi et le dimanche).

Pacs-que-c’est-Lui se lève approximativement 20 secondes avant de disparaître dans sa voiture. La panne d’oreiller érigée en mode de vie.

Coté enfants, les matins fastes, chaque étape demande une négo. Pour le lever, c’est Chupenn qui râle. Wendoï, elle est capable de changer deux fois d’avis sur la présence ou pas de chaussettes dans les pantoufles. Et puis, il faut leur tenir la main pour descendre l’escalier. Sans que l’un soit devant l’autre. Et puis ils veulent mettre eux-même le chocolat dans le lait…

Et puis il y a les trucs qui disparaissent : les chaussures, le cartable (dans la voiture de Papa, il y a 3/4 d’heure), le goûter. Les clés. Les trottinettes.

Il y a les chocolats renversés, les caca urgents à 8:27. Les mots à signer à la même heure.

Les départs pieds-nus parce gros caprice pour mettre les nus-pieds en plein février (plutôt Wendoï). Ou parce qu’on est parti en chaussons (plutôt Chupenn).

 

Cette histoire de couperet de 8:30, c’est le défi de ma journée. A coté de quoi, tout le reste, négociation de bouts d’ETP y compris (si tu ignores la signification d’ETP, je t’envie) me paraît parfois n’être que du pipi de chat.

 

Mais là, c’est sûr, je vais faire des efforts. Parce que ce matin, j’ai vu Chupenn s’éloigner vers la grille de l’école avec les deux bretelles du cartable pas du tout à la même hauteur, tout en se tenant le pantalon parce que, vraisemblablement, il n’avait pas fait de noeud au cordon de son jogging. Et quand j’ai gesticulé pour qu’il revienne, il m’a crié :

C’est pas grave, sinon tu vas être en retard, maman.

#pandanstaface

et il est pas revenu.

#bouleauventre

 

J’ai donc décidé que nous avions passé le point de non-retour. Je vais faire des efforts.

 

Je vais arrêter de penser chaque minute comme si je faisais une course contre la montre : 

-Attention, on aborde la séquence je-suis-une-psychorigide-

Le matin, à partir du moment où je pose le pied par-terre, théoriquement à 6:47,  (j’ai aussi un problème avec les heures rondes, #sinonçava), j’ai un planning idéal minute par minute dans la tête. A chaque étape, je sais si on est en avance ou en retard et de combien de temps. En temps corrigé, (cela va sans dire), vu que l’heure du four est deux minutes en avance sur l’heure réelle (et la pendule de la salle de bain en retard de 3).(Le moment du changement d’heure est un grand stress pour moi, le temps de recaler mes repères en matière de temps réel de chacune des horloges de la maison).

Les enfants sont debout à 7:30 ? On a 10′ dans la vue. La bonne heure c’est 7:20. (Il va falloir les RA-ttra-PER!!!)

J’ai pas préparé le petit déj la veille :  c’est 7′ de pénalité. (Je mets 7′ à préparer le petit déj le matin si j’ai pas bu mon thé; Le soir, je mets 4′.)

Je n’ai pas fait le goûter de Chupenn : une minute de pénalité.

On sort de table à 7:55 : 5′ de retard. Et si on zappait l’étape dentifrice? Wendoï  :  la seule enfant de l’univers qui va faire un caprice si elle ne s’est pas lavé les dents pendant les deux minutes réglementaires.

Je n’ai pas checké, la veille, ni les chaussures, ni les clés, ni les téléphones : risque – risque – risque…

depart-pour-lecole2

En vérité, je connais la solution. Il suffit que je me lève plus tôt. Hum.

 

Mais en fait, je crois que ça m’amuse autant que ça me pourri la vie, cet espèce de défi d’efficacité chaque matin. Ca me fait vibrer. C’est complètement puéril.

Quand j’étais étudiante, j’arrivais à la gare à la dernière minute. Je stressais comme une malade si l’autoroute était bouchée et je comptais sur la chance pour trouver une place de stationnement rapidement. Et ben, malgré ça, il y avait un plaisir intense à se caler sur mon siège de TGV juste au moment où le TGV démarrait, et à sentir la clim sur ma peau moite d’avoir transpiré en courant comme une dératée dans la gare. Du coup, le coup d’après, je recommençais; Et au final, j’en ai raté outrageusement peu, des TGV.

Pour le train, j’ai arrêté. Mais tous les matins, je me refais un petit shoot d’adrénaline. C’est plus fort que moi.

Nan, mais là, promis, j’arrête. Parce que je sais bien que les bons matins : ce ne sont pas ceux où je reviens à la maison après largage de la progéniture à 8:36 (mon record), et que je peux lancer une lessive et lire mes mails pro avant de partir. Et les mauvais matins, ce ne sont pas ceux où je finis le stage commando à 8:49 (mon record aussi) après avoir lancé Chupenn par-dessus le portail fermé de l’école.

Les vrais mauvais matins, ce sont ceux où comme hier, je pars avec une boule au ventre de leur avoir fichu une pression de fou.

Et les bons matins, ce sont ceux où ils sont tellement mignons qu’on sort l’appareil photo pour garder une trace d’un fou-rire ou d’un câlin (rarissime mais ça arrive).

 

Donc, c’est décidé, j’arrête l’adrénaline du matin.

Promis.

A moins que comme tous les autres projets à l’heure actuelle je reporte « au congé mat' »…

 

 

Sinon, je prends toutes les recettes pour rendre plus doux le tunnel du matin SANS se lever plus tôt. Et si parmi vous il y en a qui vivent un rêve éveillé chaque matin, je prends tous les conseils. Je veux bien aussi vos témoignages de matin cata, ça me consolera…

Bonne matinée à toutes! ^^

 

 

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31 comments on “le tunnel du matin

  1. Madeleine Deny
    12 mai 2017 a 7 h 42 min

    Impeccable récit, je dois dire que j’ai bien aimé le « lancer de Chupenn »!

    • Johanna
      12 mai 2017 a 20 h 20 min

      Merci pour le compliment ! Le lancé de Chupenn, nouvelle idée de jeu ?!

  2. mamansurlefil
    12 mai 2017 a 8 h 37 min

    J’ai adoré ton article ! Et je pense malheureusement que beaucoup d’entre nous vont s’y reconnaitre ! Personnellement, ce type de défi n’est pas pour moi, je gère très mal la pression et je déteste être en retard ! Alors, j’ai pris ta solution, je me lève plus tôt (ce qui ne m’empêche pas forcément de trainer devant l’ordi et de retourner à la case départ !)…

    Allez, happy morning !

    Virginie

    • Johanna
      12 mai 2017 a 20 h 23 min

      Merci ! Ah oui, tu as raison, l’excès de confiance qd on est dans les temps… Et hop dans les choux… Un grand classique ici aussi !

  3. machouquette
    12 mai 2017 a 11 h 18 min

    Pas de secret (ici 3 enfants, l’ainé à 6 ans et les jumeaux ont 3 ans), soit tout est prêt le soir au coucher, soit on se lève plus tôt…sinon c’est impossible d’être à l’heure sans stress…
    Je prépare tout la veille, gouter, habits, signatures éventuelles, le petit dej est sur la table. Et je suis levée (6h) et prête quand tout le monde se lève vers 7h20. Départ 8h20 environ. Et on a même le temps de regarder un petit dessin animé…