quitter la ville avec un pincement au cœur…

Dans le blog, je t’appelle Town-town. Tu es certainement la seule ville française à revendiquer doublement ton urbanité. Ville-ville. Ville-Urbaine. Villeurbanne.

On va se quitter. On est content de te quitter. On te quitte, parce qu’on veut du vert. On te quitte parce qu’après avoir écumé la totalité de tes jardins publics, on veut un jardin rien qu’à nous. On te quitte parce qu’on est prêt à avoir moins de culture à portée de la main, pour plus de nature autour de nous.

On n’a jamais été des citadins convaincus. On est plutôt des ruraux égarés dans la ville. Attirés par ses Lumières. On en a beaucoup profité, les premières années . Avec l’arrivée de Wendoï, on a sacrément levé le pied sur les sorties, jusqu’à n’avoir que les inconvénients de la ville.town-town

On n’est pas de vrais citadins, on ne peut pas aller bosser en métro. Avec ton futur boulevard, tu seras plus belle qu’avec la cicatrice à quatre voies qui te défigurait, mais, nos déplacements quotidiens pour aller travailler deviennent impossibles.

Je compte les jours qui nous séparent du déménagement avec autant de crainte (pas un seul carton de fait) que d’excitation. Là-bas, j’ai la certitude de l’on sera heureux.

Et j’ai malgré tout ce petit pincement au cœur. Town-town, multiple et multiculturelle. Etudiante mais populaire. High-tech et traditionnelle. Culturelle et populaire. Au cœur de ton centre-ville Art-déco, ce grand bâtiment fièrement estampillé SECURITE SOCIALE. Ton théâtre national ET populaire. La ville de Tony Parker.

On a aimé ton école généreuse. On a aimé entendre Chupenn chanter dans toutes les langues des enfants de la classe. Et on se fichait bien que la sortie soit annulée parce que 18 euros par enfant, c’est trop cher pour beaucoup de familles. Ici se côtoient, les enfants de toutes les couleurs et de tous les milieux. Etre maman d’enfants du même age, c’est suffisant pour partager. Ici on a touché du doigt la belle mixité sociale.

Ici, il  a un vrai service public. Parce que toute débordée d’enfants qu’elle est, la cantine a su trouver une place, pour Chupenn et ses repas particuliers. Parce que malgré la masse, et malgré ses deux mois et demi de grève, ici, il y a une place pour chacun.

Mais on te quitte.

On te quitte, parce que les incivilités ont eu raison de la patience de notre assureur-auto et de la nôtre. Passe encore le vol des rétro et celui des enjoliveurs. Voire celui des quatre roues. Mais le cocktail Molotov, il a pas aimé. Nous non plus. Parce que notre dernière soirée café-théâtre s’est terminée par un jet de canettes, à notre arrêt de bus.  Zéro blessé, un bus cabossé, totale impunité, seuls ceux qui passaiet par là ont râlé, sauf qu’on n’a pas envie de ça pour nos enfants…  On te quitte parce que les collègues de Pacs-que-c’est-Lui lui racontent les pires anecdotes sur le collège du quartier.

Ici, c’est pourtant loin d’être la zone, c’est avant tout la ville qui a vu grandir nos enfants.

Alors, j’essaie de me convaincre qu’on part pour de bonnes raisons, mais te quitter m’ébranle un peu dans mes valeurs.

Bonne chance Town-town.

 

 

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4 comments on “quitter la ville avec un pincement au cœur…

  1. Le Rire des Anges
    17 juin 2016 a 12 h 27 min

    T’inquiète! C’est une Page qui se tourne mais tu vas adorer la campagne et tes enfants, tu n’imagine même la qualité de vie qu’ils vont avoir! (Je te dis ça, je suis Lyonnaise j’y ai vécu longtemps) Mais quel bonheur la campagne, tu auras l’impression d’être en mini week end chaque fois que tu rentreras chez toi!

    • Johanna Lara
      19 juin 2016 a 21 h 13 min

      Whaou! un week-end par jour, j’ai hâte d’y être! Je pense souvent à toi et à ton choix campagne dont tu parles souvent…

  2. Audrey
    17 juin 2016 a 14 h 26 min

    Emouvant cet article… Ta plume m’émeut avec ton style bien à toi.
    Pense à moi quand, une fois posés dans votre nouvelle maison, tu relieras cet article ne te disant que tu n’as vraiment aucun regret (sauf peut etre la cantine et la mixité sociale…).

    • Johanna Lara
      19 juin 2016 a 21 h 13 min

      Merci copine!

Un petit commentaire et je suis au paradis!