Se séparer de toi

Je viens de troquer mes enfants, partis une semaine au soleil du sud avec Mamie et Cie contre une famille de gremlins qui a élu domicile dans mes tripes.

Une année presque jour pour jour après avoir laissé Wendoï pour la première fois, j’ai toujours autant de mal à la confier. Pour Chupenn n’est pas aussi difficile, il est grand, il comprend, on explique, on compte en dodo. Chupenn est content de partir faire des vacances de grand. Mais, pour Wendoï, c’est plus difficile.

Les gremlins sont arrivés 24h avant la séparation.

Ces 24 dernière heures, nous avons Wendoï et moi passés de supers moments- comme revoir une très bonne copine d’école et regarder nos quatre enfants jeter des galets dans la méditerranée en se rappelant que la vie nous a gâtées. Ou recevoir en cadeau un Mickey de 30cm en peluche – « Keykey doudou Mimi » (en version originale) – mais je crois qu’une partie de nous n’y était pas ou pas complètement.

J’avais mal aux tripes,

Elle avait mal au ventre.

Ici s’achève la partie correcte de ce post. La suite est réservée à un public averti qui considère (à juste titre) le caca de bébé comme un sujet d’étude fondamentalement sérieux. C’est-à-dire l’écrasante majorité des parents.

Wendoï avait mal au ventre parce qu’elle n’avait pas fait caca depuis 4 jours. Et plus exactement, comme j’ai cru le découvrir lors de cette merveilleuse soirée avec ma vieille copine, Wendoï ne voulait pas faire caca depuis 4 jours.

Alors, ma deuxième passion dans la vie après l’étude du caca des bébés étant l’échafaudage de théories fumeuses, et j’en ai  une fort abouti à vous propose sur le sujet :

Je vous la fais courte : Vacances, déracinement, perte de repères, recherche de contrôle sur quelque chose de tangible, égale : refus d’aller à la selle. Egale : culpabilité maternelle décuplée de la laisser « seule » dans un état pareil. Egale : famille nombreuse de gremlins dans mon estomac.

« Oui, bon, ‘faut pas non plus trop s’prendre la tête. »

(Commentaire téléphonique de Pacs-que-c’est-Lui).

Dans la maison immaculée, ultramoderne et BBC de ma copine, à l’heure où l’on aurait dû carburer au thé vert en évoquant nos souvenirs d’anciennes combattantes, nous avons pourri successivement la salle de bain et les toilettes, introduit plusieurs ustensiles et divers liquides dans le postérieur d’une Wendoï  rouge de rage et de douleur, joué les médiateurs entre Wendoï et le caca (« le caca, il m’a dit que… »). Et on s’est finalement avouées battues avant que tout cela coûte, plus tard,  une blinde à Wendoï en psychanalyse.

Les gremlins dans mon ventre frisaient la surpopulation.

Le lendemain, c’est sous des applaudissements nourris que Wendoï s’est délestée d’une bonne livre de matière, allégeant également notre matinée des RV de Reiki prévus la veille au soir.

Mais les gremlins étaient toujours là.

On est donc parti en direction de la dernière étape de nos vacances – et lieu de l’abandon parental – sur les petites routes de la Provence et je me suis souvenue à quelle point la lumière de ce pays est incroyable. En s’arrêtant à la pharmacie du coin, la pharmacienne a déclaré du bout des lèvres qu’elle n’avait pas de suppo à la glycérine, qu’elle en aurait peut-être la semaine prochaine, mais pas sûr. Et je me suis souvenu à quel point les gens d’ici sont désagréables (pas tous, d’accord).

Wendoï et moi avons  passé les dernières heures en mode collées-serrées. Elle est restée stoïque au moment du départ et Chupenn a couru après la voiture qui partait. Les gremlins et moi, on a pris l’autoroute.

Sur la route, j’ai reçu un texto de Mamie. Un merveilleux texto qui m’a mis en joie pour le reste du trajet. Rien n’aurait pu me faire davantage plaisir que ces quelques mots.

« Maman, j’ai fait un beau caca ».

La maternité ou comment se réjouir des choses les plus simples.

J’ai laissé quelques gremlins sur l’aire d’autoroute, juste à côté de ma théorie fumeuse, et je suis repartie, un peu plus légère.

Wendoï-chaise-haute2

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3 comments on “Se séparer de toi

  1. Audrey
    21 avril 2016 a 10 h 30 min

    Pas facile de gerer la separation autant pour les parents que pour les enfants… Je suis convaincue que c’est d’autant plus dur pour les mamans qui ont porte leurs projenitures durant 9 mois et leur ont donne naissance a la sueur de leur front. Les Gremlins dans le ventre, rien d’etonnant car ce sont nos tripes qui parlent !

    • Johanna
      21 avril 2016 a 17 h 01 min

      Et oui, nos tripes… Cela dit les enfants ont l’air de mieux gérer que les parents… Comme nos hommes ils se posent peut-être moins de questions…

  2. Le Rire des Anges
    21 avril 2016 a 11 h 37 min

    Comme je te comprends… À chaque fois que je pars c’est tout un raz de marée émotionnel!
    Le « faut pas se prendre la tête » de ton homme me fait penser au mien! 😉

Un petit commentaire et je suis au paradis!