Tout dans son regard…

Elle a 18 mois, j’adore cet âge.

Elle parle peu, elle comprend tout et je comprends qu’elle comprend dans son regard.

On lui parle avec des mots simples mais avec de vrais mots, on lui parle avec notre vrai débit de parole, et l’on voit dans ses yeux qu’elle suit. Le programme de la journée, qu’après on va manger. Qu’on va prendre le bain. Elle comprend.

Elle fonce avant moi dans la salle de bain quand j’annonce le changement de couche.

Je vois dans son regard qu’elle aime que l’on parle d’elle, de sa journée, de ses progrès. Elle n’est pas contente quand je détaille à nounou les caprices de la veille, elle regarde le sol et fait les gros yeux.

Elle entend tout, elle comprend tout. Je donnerai cher pour savoir « à quel point » elle comprend.

Elle comprend qu’elle est punie quand on s’isole, face à un mur, dans une pièce. Mais elle ne réagit pas pareil quand elle sait qu’elle a fait une bêtise et quand elle s’estime victime d’une terrible injustice.

J’adore sa jubilation quand elle comprend un truc nouveau, qu’elle fait la relation entre un objet du quotidien et sa représentation dans un livre par exemple.

Le langage se développe, mais les concepts sont déjà bien là. Elle n’a pas de mot pour se désigner mais elle pointe de son index son ventre quand on parle d’elle. Elle a toute une série de gestes pour décrire des objets. Secouer les mains jointes désigne le biberon, puisque les adultes le secouent, ce biberon, pour dissoudre le lait. Elle lève les bras au plafond pour réclamer son livre préféré, celui qui dit « est-ce-que tu sais lever les bras jusqu’au plafond ? ».

Alors oui, parfois elle est rouge de colère parce que je ne comprends pas ce qu’elle voudrait dire. Elle répète inlassablement le même borborygme que je ne décrypte pas. Ou elle dit non avec force alors que c’est oui, et je mets trop de temps à saisir que le non exprime tellement mieux une forte envie… Il y a les matins qui cafouillent parce que voiture, chaussure et confiture se disent pareil…

Alors oui, elle est épuisante. Sa petite personne, dont elle a maintenant pleinement conscience, a des exigences que le bébé de ces derniers mois n’avait pas. Elle veut pas. Elle teste. Elle hurle. Et non elle ne goûtera pas ce truc dans son assiette.

18 mois, c’en est fini du tout petit bébé et je n’ai aucune nostalgie. 18 mois et s’ouvre (enfin) la phase de l’éducation, elle est pleinement elle et maintenant notre travail est de l’aider à devenir le meilleur d’elle-même.tout dans son regard

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un petit commentaire et je suis au paradis!