Valentine

Etre parent c’est souvent transformer le monde qui nous entoure en une réalité acceptable pour nos enfants. J’irai même jusqu’à dire que c’est pour moi l’un des plaisirs majeurs de la parentalité que de chercher un peu de poésie dans le quotidien, d’arrondir pour eux les cotés râpeux de la vie, de s’efforcer de vivre un monde où c’est-les-gentils-qui-gagnent-à-la-fin (ça vous parle, un 7 janvier?), parfois jusqu’au ridicule (je serai peut-être du genre à attendre que mes enfants me disent, « Maman, soit courageuse, le Père Noël, il existe VRAIMENT pas » – pour admettre qu’ils n’y croient plus).

C’est pas toujours évident de changer les choses de grandes personnes en message audibles pour les petites personnes et des fois c’est très rafraîchissant. Mercredi j’ai eu un épisode cocasse du genre.

On part en voiture, Chupenn et Wendoï réclament à grands cris (surtout Wendoï) l’inévitable Anne Sylvestre, je réponds que c’était trop tard, je conduis c’est soit le CD de maman soit rien du tout. Ce fut donc le CD de maman (nan mais). Il se trouve que le Père Noël (qui existe, voir plus haut) m’a apporté une série de CD de chansons d’amour délicieusement  surannées qui tournaient donc en fond sonore dans la voiture.

Soudain explosion de « core », core, core , core », les enfants ont flashé sur une des chansons. C’est « Valentine ». Je remets la chanson, je monde un peu le volume. J’écoute vraiment la chanson. Pendant ce temps à l’arrière, c’est la bamboula « Valentinnneu Valentineu! » suivi de « core core core » toutes les 2’15 ». La chanson est sympa, rigolote et un peu… grivoise ‘c’est Wikipédia qui le dit).

Et là Chupenn me demande de lui expliquer les paroles. Je transforme l’histoire en amourette d’enfants « Alors, il dit qu’on oublie jamais sa première amoureuse. Là il raconte comment il se sont rencontrés, il prenaient le même chemin, certainement pour aller à l’école. Elle avait de tous petits pieds, une toute petite écharpe (là j’ai un peu buggé, la chanson dit « de tous petits pythons », j’ai confondu avec boas, l’écharpe en fourrure. Sincèrement, je vois toujours pas ce que peut être un python dans ce contexte. Ou alors, j’ai peur, vu l’ambiance lubrique de la chanson). Et elle avait les cheveux frisés comme un mouton Valentine-neuuu Valentine-neuuuu. Et donc là ils sont amoureux (voile pudique). Et après ils sont adultes et il y a une grosse dame qui lui dit bonjour dans la rue et surprise c’est Valentine-neu ! Tu vois, c’est drôle, il dit « hippopotame ». Tu vois elle est devenu très grosse, il ne l’a pas reconnu. Tu vois, c’est une chanson drôle.

Chupenn était un peu déçu qu’il ait changé d’amoureuse, à part ça on a bien rigolé. Valentine-neu Valentine-neu. Piquer un fou-rire avec les enfants avec une chanson grivoise de 1925. Un bon souvenir.

 

PS : Oui, ce soir, je me suis dit qu’on allait se faire une petite pause dans la saga-à-la-noisette de l’allergie fruits à coque de Monsieur Chupenn.

Wendoi et chupenn

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un petit commentaire et je suis au paradis!