Auto-félicitation du vendredi

Le tunnel du matin a démarré à 5h15.

5h15. Une sombre histoire de tétine égarée. Mais les oiseaux chantaient. On devinait une de ces journées chaudes que j’adore. J’étais dans une phase de sommeil léger. J’étais bien.


3 heures après, on était sur le chemin de l’école avec quatre sourires accrochés à nos trombines.

Entre-temps, j’avais, dans le désordre, décoré un gâteau pour un anniversaire de quatre ans à l’école, sorti les poubelles, habillé et nourri trois gnomes, fait réviser une dictée. 
Pris une douche. Beurré des tartines, passé un coup de balai. Choisi un chemisier qui n’avait pas besoin d’être repassé. Dans le miroir je me suis trouvée jolie. 
Changé des couches, essuyé des nez. Pris des photos. Cherché un étui à lunettes. Avaler un muesli presque healthy. Bu un thé presque chaud.

Le gâteau et se trouver jolie, c’était un peu exceptionnel. Mais tout le reste, c’est du quotidien.

Dans les blogs parentaux, dont le mien, on se plaint beaucoup, on s’extasie beaucoup aussi. Il n’y a pas beaucoup de place pour célébrer nos victoires quotidiennes.

 Les victoires de tous ces jours, où le quotidien porte bien son nom, où, on relève le défi du tunnel du matin. Et celui du soir, et tous les autres.
Il y a beaucoup de jours où on y arrive. Et on oublie de se sentir wonderwoman.

Moi, ce matin, avec mes gosses joyeux, mon gâteau pas trop moche, je me suis sentie… puissante. 

Ce sentiment m’a ramené des années en arrière, quand khâgneuse pas vraiment brillante, j’avais néanmoins acquis la capacité de lire quatre livres par soirée, et que je vidais 1 Bic par quinzaine à force de notes et de disserte gribouillées.
 J’avais le sentiment grisant malgré mes 3,14/ 20 en version anglaise d’être au sommet de mes capacités intellectuelles.



Aujourd’hui, maman comme les autres, j’ai le sentiment d’être au sommet de ma puissance d’action.  D’avoir une force vitale incroyable.
C ’est un sentiment assez grisant de gérer 12 problématiques à la minute. 
J’aime mes enfants, et j’aime aussi cette vie pleine, fatigante et riche qui est un moteur de l’estime de soi. Les bons jours.

Nos vies d’équilibriste. Quand le numéro est bien fait, on ne retient que la grâce du funambule : jusqu’à oublier le danger des précipices qui l’entourent.

Alors pour tous les jours de soupe à la grimace, d’insuffisance et d’insatisfaction, pour tous les feeds d’insta ultra culpabilisant, n’oublions pas, mesdames, de nous auto-satisfaire de notre efficience ordinaire!


Putôt que de réviser mon ppt pour la grosse réunion de tout à l’heure, je me suis dit qu’il était temps de coucher sur le papier cet exercice d’autosatisfaction du vendredi.
Bon week-end à toutes les femmes puissantes.

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