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L’enfant que j’étais (LE TAG!)

Quand on allait au Franprix de Meudon avec mamie, ses copines, qui portaient comme elle un capuchon en plastique noué sous le menton, me pinçaient les joues en s’extasiant devant mon teint. Et mamie répondait que j’étais « celle de la montagne ». Traduction: sa petite fille élevée en plein air, élevée en plein Gers , en altitude. Par des parents parigo qui avaient décidé de trouver du boulot là où ils avaient envie de vivre.

 

Parce que tous les cousins étaient des parisiens au teint blafard, j’ai eu très tôt conscience de vivre dans un endroit privilégié.

 

 

Si Brassens avait l’ambition de passer sa mort en vacances, en éternel estivant, j’ai presque passé mon enfance en vacances.

 

L’enfant que j’étais avait un bon coup de fourchette. La crème de marron était mon péché mignon. Des années plus tard, j’ai voulu noyer un moment de déprime dans un pot de Clément Faugier, du bon vieux temps. J’ai pas pu. Trop écoeurant. C’est pas beau de vieillir.

 

Sinon, avec ma twin-cousine, notre record c’était 7 carambars en même temps dans la bouche.

 

Bref, quand j’étais petite, j’étais Heidi. Avec la montagne, les joues rouges, et l’embonpoint joyeux.

 

 

Sur les photos de maternelle,à chaque fois mon ventre dépasse de mes pulls. Avant de devenir cette créature élégante et racée que je suis devenue (mon blog, mes approximations) j’étais une fillette dont le physique laissait présager une belle carrière de déménageuse de piano.

 

[Imaginez ma surprise d’élever à présent 3 gnomes qui ne décollent pas du 25eme percentile.]

 

Mes parents, ils n’avaient pas tout à fait le même teint que moi. J’étais un bébé difficile. Je les ai éreintés. La légende familiale veut que j’ai fait ma 1ère nuit, dans un train-couchette sans chauffage en plein hiver. #cosette

 

Donc, karmiquement, j’étais chargée côté nuits pourries. Eh ben, je confirme, tout se paye.

[Maman vous aime, mes chéris. ]

 

Comme tout cela cadre merveilleusement avec mon axe de lecture du moment, je suis pas loin de penser que j’étais moi aussi un bébé RGO. En tout cas, ça expliquerait aussi mon mode de déplacement sur les fesses dont la vidéo passée en boucle a fait les belles heures des séances familiales de super 8. (on avait pas boomerang à l’époque, mais on se débrouillait).

 

 

Après je suis devenue sage. Trop sage?

 

J’étais l’enfant sans problème de la famille. L »aînée. J’étais celle qui s’en sort toujours. Mes parents me faisaient facilement confiance.
Même quand je faisais des bêtises, ils me grondaient peu.

 

Du coup, j’étais pas si insouciante que cela, et très occupée à surtout pas descendre de mon piédestal.

 

[Wendoï, sort de ce corps]

 

J’en ai tiré une solide confiance en moi, mais ça a bousillé mon orthographe.

 

[les enfants trop sages se révoltent contre l’orthographe, symbole de la règle injuste. Théorie servie gratos par ma prof de khâgne, qui dépassait rarement l’intro mes disert tant elle était indisposée par mes -s manquants au pluriel. Sa théorie, sur le coup, m’a ulcérée. A la réflexion, j’ai trouvé ça plutôt percutant] [en vrai, elle a pas dit « symbole », elle a dit « archétype »]

 

L’enfant que j’étais lisait… Astrapi! Il arrivait un jeudi sur deux à midi pile dans la boîte aux lettres. Pour mon Astrapi, j’étais prête à braver les horribles Siamois de la voisine qui sortaient à cette heure- là et m’empêchaient de remonter l’escalier.

 

[Wendoï n’est pas prête de l’avoir, le chaton de ses rêves] [Mais, pour mon immunisation contre la toxo, merci quand même].

 

Mais, ma première émotion littéraire, ça a été les 3 mousquetaires. 600 pages en CE2. Tout ça pour apprendre dix ans plus tard que c’était un roman alimentaire. Par la même prof de khâgne. Si. Le sort s’acharne.

 

L’enfant que j’étais pourrait aussi remercier Charlemagne qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école #teamclubdorothée

 

J’étais la chouchoute de la maîtresse. En tout cas, en grande section, (où je suis carrément dans ses bas sur la photo de classe), et au CE2. J’en tirais une satisfaction un peu honteuse, parce que les enfants ressentent parfaitement quand les adultes sont injustes, mais ça a probablement aidé à faire de l’école, cour de récré incluse, un lieu où j’ai été intensément heureuse.

 

Docile et appliquée dans la classe. Meneuse tyrannique dans la cour.

 

[Wendoï, j’ai dit, tu sors de ce corps]

 

Après une dispute avec ma meilleure copine, on a mis la classe de CE1 à feu et à sang. Tous les élèves étant instamment sommés de choisir leur camp. La maîtresse ne savait plus quoi faire. Ça a duré des semaines, la guerre de tranchée.

En 5ème, j’ai fait une pétition pour en que le principal comprenne qu’il avait intérêt à pas mélanger notre classe pour l’année suivante. Très curieusement, mon avis n’a pas été suivi.

En 6ème, à la tête d’une petite délégation, on s’est incrustés chez la prof de bio avec un bouquet financé par une collecte. On voulait prendre de ses nouvelles : elle s’était évanouie en nous faisant cours. En fait, elle attendait un bébé. Ben, on l’a su avant tout le monde.

 

Alors évidemment, l’enfant que j’étais rêvait d’être maîtresse. J’alignais toutes mes poupées, les vieux Pomme d’Api tenaient lieu de cahiers que je notais avec la plus grande rigueur.
Je ne sais pas comment cette vocation s’est finalement évanouie.

(Ma prof de khâgne, sûrement).

 

 

Je garde de mon enfance un souvenir rose bonbon. Pourtant, j’ai réalisé plus tard que, comme tout le monde, notre famille a traversé des zones de turbulences, que tout n’a pas été aussi facile que ça.
Alors je ne sais fichtrement pas ce que la petite Johanna penserait de la grande. Mais la grande, elle aimerait bien que ses enfants à elle gardent aussi de leur enfance un souvenir rose bonbon.

 

C’était ma participation au Tag de inénarrable Picou qui est en passe de devenir viral. Vous pouvez retrouver les autres participations ici!

et poke à tobemummy, I did it!

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